Algérie mon amour
23/03/2007 02:44 par kabylie
par Mohand IMAZATENE
Immigré dès son jeune âge (13 ans), il a été bercé, à la fois, par la musique du terroir et la vague de rock des années 60-70. Ce mélange marque l’originalité et la démarche artistique de Karim. Tourné vers la modernité et l’universalité, Karim revendique sa culture Amazigh dans toutes ses dimensions. Il affirme, lui même, dans une interview accordée à un journaliste, qui lui demandait pourquoi il ne chantait pas en langue étrangère : « Chacun chante selon sa sensibilité et sa langue. Chez nous, nous ne tenons pas compte des étiquettes. Ce qui caractérise notre musique, c’est l’ouverture, dans le sens plein du terme. Tous les apports sont les bienvenus pourvu qu’ils soient porteurs d’espérance ».
Ses textes regorgent de métaphores, de références à la mythologie et contes Berbères, pour ne citer que la chanson dite « le troupeau ». C’est un texte qui décrit une organisation sociale dont les rôles sont tenus par les animaux. Le recours à la métaphore est significatif d’absence de liberté d’expression. C’est un texte qui dénonce le règne illégitime des injustes et l’usurpation du pouvoir. Karim est attentif au monde qui l’entoure et sensible à son environnement. Il dénonce le désordre et la perversion de la nature par la mesquinerie et la bêtise humaine.
J’ai trouvé le rouge gorge et ses petits
Réunis pour réclamer le droit
tandis que l’héritier de droit innocent
est tenu dans l’expectative, au loin !
Les mouches s’installent dans les ruches
et l’abeille abandonne son dû
la chouette s’occupe du ménage
et huppe s’impose secrétaire !
Le charognard avec son bec
Se désigne pour les foules ,il accuse le milan et le condamne..
La chanson, au départ une passion, devient par la force des choses un engagement et une résistance pacifique.
Les thèmes et textes de Karim sont variés et riches. Ils reflètent sa sensibilité à son milieu, au devenir de son pays, et à toutes les préoccupations de l’époque. Il a chanté aussi bien la liberté, l’amour, la vie, la nostalgie, l’immigration, le politique, etc.
Le style musical est également original et audacieux. Il se caractérise par une recherche musicale qui le distingue des autres vedettes de la chanson et qui sort des sentiers battus. Karim déclare clairement : « l’introduction des instruments tels que la guitare électrique, le synthétiseur et la batterie n’altère nullement notre musique qui, je le répète encore une fois, s’inspire de notre fond musicale. Ce ne sont là que des instruments dont on se sert pour exprimer notre sensibilité algérienne ».
Tout en étant fidèle à la fibre musicale de départ, Karim réussit le passage harmonieux qui va de « l’authentique : Zendali, Heddi, Raï à l’universalité : Funk, Rock, Rap avec un esthétisme hors du commun ». Karim, cet artiste discret et rêveur s’impose une rigueur dans son art, refuse la facilité et la tromperie. En effet, il confirme dans un entretien : « Nous essayons de rester fidèles à notre choix, qui est de faire de l’art pour l’art. Sans être soumis aux pressions du milieu, qui veut du produit de consommation, toujours plus vite, selon la capacité d’absorption. On oublie que le musique est un message qui s’adresse au corps sensible. Elle doit le faire vibrer. La liberté de création est une énergie qui s’use si l’on ne sert pas ! ».
Au cours des années soixante, la chanson Kabyle, se contentait de ressasser les mêmes thèmes sur fond d’orchestration imprégnées d’un orientalisme peu en rapport avec les lignes mélodiques originales.[…]. En 1967, deux immigrés, férus à la fois, de la tendance ambiante, incarnée par la vague des rockers aux noms américanisés et de musique du terroir, se rencontrent, se découvrent pas mal de goûts communs et créent un groupe renforcé par deux autres musiciens, Samir et Mehdi. Le chanteur guitariste Karim, de ses noms et prénom SID Mohand Tahar, né un 20 février à Tifilkout (Illilten), et l’organiste Shamy Elbaz, CHEMINI Abdelkader, pour l’état civil, né un 26 octobre à Tilatiouine (Bejaia), sont les fondateurs des ABRANIS. Le nom de guerre est puisé dans l’histoire et renvoie à la souche des BRANES, évoqué par l’historien sociologue Ibn Khaldoun dans ses « Prolégomènes ».
En fin de ces années soixante, les Abranis, auxquels se joindront le batteur Arezki BARROUDI, et le bassiste Hachemi BELLALI, étaient trop en avance sur le temps : le public Kabyle n’était pas prêt à écouter les instruments électriques, rompant avec la tradition, même s’il se délecte des guitar-heroes de Woodstock et Wight. La formation et ses membres portant cheveux longs et patte d’Eph déroute au début. Il a fallu attendre un contexte plus favorable, celui de l’esprit 70, lorsque la chanson Kabyle a commencé à imposer sa loi moderniste sur le marché maghrébin et international.
En 1973, les Abranis se rendent à Alger pour participer au premier Festival National de la chanson et remporte un prix. Une apparition à la télévision algérienne leur permet de populariser leur répertoire et leur ouvre les portes d’une tournée triomphale dans de nombreuses villes algériennes. Ces succès se concrétisent par d’autres enregistrements et la discographie impressionnante des Abranis en regorge. En France, où ils sont de retour, la communauté leur réserve, à chacun de leurs passages, un accueil enthousiaste.
A l’extérieur, ils se font remarquer avec leur Rockabylie ( de la musique moderne mais non occidentale, précisent-ils souvent) dans diverses festivals. Finalement, l’âme Amazigh semble se sentir à l’aise dans un flot électrique habilement canalisé d’autant que les thèmes ( amour, social et revendications culturo-politique) l’alimentent bien.
Festival National de la chanson Algérienne- Alger 1973
La Mutualité - Paris, juin 1975
Bejaia, la Coupole, la Salle Harcha- Alger- 1981
El Dorado- Paris 1984
Festival de Carthage - Tunisie 1984
Festival International de Marrakech -1986
Festival International contre le Racisme d’Hultrecht- Hollande 1987
15ème Festival de Tübingen - Allemagne 1988
1er Festival de la Musique Méditerranéenne de Torino - Italie 1989
Nombreuses émissions de télévisions et de radios.
4 disques 33 tours
5 disques de 45 tours
Une dizaine de K7 audio
2 CD
2 Cassettes vidéo retraçant l’histoire du groupe Abranis jusqu’au en 1987.
Album Solo, Karim BRANIS, 2003
« La chanson des ABRANIS repose avant tout sur une technique musicale réalisé avec des instruments modernes (…). Elle se veut résolument « pop » et son contenu , non moins résolument algérien. »
ABRANIS : une recherche originale, par Mouloud AchourAlgérie Actualité du 13/09/1975
« Sur une musique moderne, ils chantent des textes variés, puisés dans le vécu quotidien : romances amoureuses, conditions des émigrés. De quoi faire rêver et réfléchir en même temps : deux dimensions de l’art en général, de la chanson en particulier et que les ABRANIS revendiquent comme leurs ».
« Les ABRANIS au club des Pins », Algérie Actualité n°823, du 23 au 29/07/1981.
« Du Funk au Reggae, ABRANIS ne fait aucune ségrégation musicale et considère que son tempo rythmique n’a pas de frontières. »
« Le groupe ABRANIS , le son neuf de l’Algérie », L’Echo du Mercredi, 08/04/1987
« Sur le plan technique leur mode de passe sera « le rythme ». Là, il s’agit de combiner un feeling africain avec instrumentation électrique moderne. On sent l’importance du son dans la recherche musicale, car tout est dans la variété rythmique, pensent-ils, sans perdre de vue la vigueur du verbe. […]. Pour beaucoup, ils auront contribué à freiner l’influence orientaliste d’une certaine époque, en propulsant hors des frontières la musique algérienne. ».
« Musiques : les ABRANIS, Histoire d’une longue route », Lounis HAKIM, Le Soir d’Algérie, 13/08/1991.
« Leur attachement à l’identité, leur authentique algérienneté, ne les ont pas empêché pour autant d’aller sans aucune gêne pour faire connaître non sans difficulté, notre culture ».
« Le retour des grands », Par Yahia HARAKAT,
Le Pays n°88, du 26/08 au 01/09/1993
« Le travail de recherche effectué a consisté à adapter les structures rythmiques de chez nous aux normes et aux lois de l’instrument et adapter la mélodie aux de l’harmonie universelles. ».
Rachid IKHENOUSSENE, Liberté, mercredi 20/04/1994.
« Karim, auteur, compositeur et interprète a travaillé inlassablement depuis plus d’une vingtaine d’années pour donner une dimension universelle à la musique algérienne. (…). Son souhait le plus cher est de voir un jour pousser dans tout le pays des conservatoires, des maisons de culture, des théâtres pour permettre à la jeunesse à travers les arts et retrouver l’espoir dont elle a tant besoin. (…). Pionner dans plusieurs domaines, ABRANIS a réussi à donner un souffle nouveau à la chanson algérienne en la débarrassant du folklorisme stérile et dévalorisant. Si Khaled est King du Raï algérien, Karim est le King du Rock. »
« Karim BRANIS : l’enfant prodige du Rockabylie », Moh CHERBI,
Alger INFO International, Mercredi 27/12/1999
Un cadeau de ma fille Ania...
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Photo archives (Yacef et Dabo)
ASK 2-4 (A.P) JSK
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| Annaba Pelouse grasse http://www.dzfoot.com/fiches/fiche.php?fiche_id=3024 |
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Les Equipes :
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ASK
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JSK
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Entraîneur : Zekri. |
Mazari - Barry, R. Meftah (Saïbi 61'), Harkat, Zafour - Wassiou, Abdeslam, Oussalah - Athmani (Douicher 46'), Hemani (Ouslati 113'), Yacef. Entraîneur : Aït Djoudi.
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Buts : |
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Derrahi (32' s.p), Bourahli (33')
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Harkat (4' s.p), Hemani (65', 111'), Saïbi (95')
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La JSK se qualifie en 1/4 de finale de la Coupe d'Algérie et affrontera le vainqueur du match MCO - MCM.
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Photo prise par Arezki (mars 2007)
| L’ÉVÈNEMENT AURA LIEU EN JUIN PROCHAIN |
| La Kabylie fête le centenaire de Hadj El-Anka |
| Liberté 20/03/2007 |
| C’est un hommage à la hauteur de l’homme qui sera rendu le mois de juin prochain au village Tiguersifth, à Ath Djenad, au cardinal de la chanson chaâbi Hadj M’hamed El-Anka.
Né le 20 mai 1907 à la Vieille Casbah d’Alger, celui qui a porté le chaâbi au sommet de la chanson algérienne sera ressuscité en Kabylie en présence de plusieurs artistes de renom qui viendront des quatre coins du pays, notamment de l’Algérois, pour témoigner de la considération à l’homme qui a porté le flambeau du noble style pendant plusieurs années. Un programme aussi riche que varié est déjà en voie de préparation à Tiguersifth, ce beau village de Kabylie qui promet une fête grandiose. Un détail, la famille du cheikh s’est installée à La Casbah d’Alger suite à la mort du père qui était un compagnon de Arezki El-Bachir, un résistant dans les années trente tué par l’armée française. Pour fuir la répression de l’armée française, la mère d’El-Anka viendra trouver refuge à La Casbah. |
| par Rubrique Radar |
| Hadj M'Hamed El ANKA.
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Sa mère Fatma Bent Boudjemaâ l'entourait de toute l'affection qu'une mère pouvait donner. Elle était attentive a son éducation et à son instruction. Trois écoles l'accueillent successivement de 1912 à 1918: coranique (1912-1914), Brahim Fatah (Casbah) de 1914 à 1917 et une autre à Bouzaréah jusqu'en 1918. Quand il quitte l'école définitivement pour se consacrer au travail, il n'avait pas encore souffle sa 11 ème bougie.
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Sources : "Dictionnaire des musiciens et interprétes algeriens" de Achour CHEURFI |
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Découvert pour la première fois, lors du spectacle de "Kabylie-Spectacle-Production", Massinissa a eu un écho favorable de la part de la communauté qui n’a pas cessé depuis, de lui adresser des messages de félicitations.
Nous vous livrons ici, un entretien que nous avons eu avec lui.
T.Ould-Hamouda : Azul Massinissa et bienvenue à Kabyle.com.
Massinissa : Azul fellam et azul à tous les lecteurs de Kabyle.com.
T.Ould-Hamouda : La communauté de Montréal vous a découvert le 16 décembre lors du spectacle de KSP alors que vous chantez depuis déjà plusieurs années ?
Massinissa : Effectivement, j’ai commencé à chanter depuis l’année 1993 avec un ami : Mohamed-Améziane Bourbia, surnommé Mohand-Amazigh. On a enregistré un album en 1999 qui a été édité à nos frais sous les noms : Abdellah et Md-Améziane". Toutes les personnes qui l’ont écouté nous ont encouragé à continuer.
T.Ould-Hamouda :Pourquoi avoir changé de nom à Montréal ?
Massinissa : Je voulais prendre un nom d’artiste depuis le début, mon ami Mohand-Améziane m’a suggéré de garder nos prénoms sur le 1er album, j’ai accepté. Maintenant que je chante en solo, mon choix a porté sur "Massinissa", un prénom bien significatif dans notre culture.
T.Ould-Hamouda : Vous êtes à Montréal depuis longtemps, comment se fait-il que l’on vous découvre seulement maintenant ?
Massinissa : J’ai pris un temps d’arrêt. En Kabylie, je me suis toujours produit avec mon ami. Arrivé ici je n’ai pas osé chanter en solo alors que tout notre travail a été fait en collaboration.
T.Ould-Hamouda : Lors de votre présentation, les spectateurs ont beaucoup aimé vos chansons, comment prenez-vous ce succès ?
Massinissa : J’ai été très heureux que notre communauté ait apprécié notre travail. Cela nous encourage à continuer et à travailler encore davantage.
T.Ould-Hamouda : Au lieu de tomber dans la facilité : faire de la chanson dite commerciale avec des non-stop ou simplement des reprises, Vous avez choisi un terrain bien difficile celui de la création poétique (chansons à textes), pour quelle raison ?
Massinissa :On a voulu présenter un travail sérieux au public. La poésie est écrite par Md-Améziane Bourbia, je la complète en lui adaptant une musique adéquate.
Nous avons une passion et un respect pour la chanson Kabyle. Nous ne voulons point verser dans la médiocrité.
T.Ould-Hamouda : Pouvez-vous nous parler d’une chanson qui vous touche particulièrement ?
Massinissa : Toutes les chansons qui sont sur notre album me touchent vraiment,. Toutefois, je suis plus sensible à "Laxyal" et "Tighri".
T.Ould-Hamouda : Dans l’une de vos chansons, vous avez rendu un vibrant hommage à "Matoub Lounès", pouvez-vous nous en parler ?
Massinissa : Matoub Lounès est un symbole pour la Kabylie, on ne peut l’oublier. Notre chanson n’est qu’un simple hommage à un grand pilier de notre revendication.
T.Ould-Hamouda : Pouvez-vous nous lire un petit poème de cette chanson ?
Massinissa :
G-ul-awen tezzid tugdut
G-allaghen tenfid tatut
Ammi-s n tlelli
Deg meslayen-ik mazal ssut
Stikti-k tewwid-d ttbut
Seg-negh tguj tagdi
Ghurnegh ur telli d lmut
T bedled swakal tamurt
Awal g-ul-awen yemmghi
Asut umeqyas cfumt
Ayarraw n’tmazgh’ur tettut
G fus afus nagh tanumi
T.Ould-Hamouda : Quels sont vos projets ?
Massinissa : À court terme, je ne peux que participer aux spectacles qu’organise notre communauté et répondre aux invitations canadiennes. À moyen terme, nous comptons, mon ami et moi, enregistrer un autre album en Kabylie.
T.Ould-Hamouda : Votre mot de la fin Massinissa ?
Massinissa : Une pensée particulière à mon ami Mohand-Améziane, resté en Algérie. Je remercie beaucoup tous les gens qui m’ont apporté leur soutien, particulièrement Fayçal qui m’a fait connaître l’association Tafsut, un grand merci aux membres de "Kabylie-Spectacle-Production" et à tous les spectateurs qui m’ont applaudi.
Mes remerciements vont aussi à Kabyle.com qui ne cesse de promouvoir tous les artistes et créateurs Kabyles et qui nous donne à chaque fois la chance de nous exprimer.
Je ne peux oublier Hakim d’Algeronet, qui a été toujours disponible pour moi ainsi que Berberes.com et Algeroweb qui nous apportent leur aide à chaque fois qu’on les sollicite.
T.Ould-Hamouda : Tanemirt à Massinissa et Bonne chance.
Entrevue réalisée à Montréal, le 28 février 2007 par T. Ould-Hamouda
Source : http://www.kabyle.com/Matoub-Lounes-un-pilier-de-notre,11907.html
Photo envoyée par Gana Ouahioune ...Tannemirt