Son double album est sorti en France , Matoub : ''Je suis encore là''
09/11/2006 05:30 par kabylie
| Nos politiciens la censurent, nos jeunes l’ignorent |
| Où est notre histoire, notre mémoire |
| InfoSoir 16/11/2006 |
| C'est peut-être se répéter que de dire que nos jeunes ne connaissent pas l'histoire de leur pays et que celle-ci est, de toute façon, tronquée dans son écriture et son enseignement.
Le constat fait par des historiens sur l’enseignement de l’histoire de l’Algérie dans nos établissements scolaires est ce qu'il y a de plus inquiétant. Il est plus que jamais temps de combler le déficit de mémoire qui conduira inéluctablement le pays vers le chaos. Pour les historiens, ce qui est essentiel ce sont les faits qu’il faut rétablir, enregistrer, inscrire, étudier et transmettre. Pourtant, la chose est facile. Il suffit d’une volonté politique pour le faire. Aujourd’hui, notre passé est effacé ! La question de la mémoire se pose même chez ceux qui diffusent et informent. Il suffit de faire un tour aux Archives nationales pour voir de quelle manière la mémoire algérienne est gérée. Demandez un document, essayez d’obtenir sa reproduction pour un travail : le résultat est vite connu. Les archives n’existent pas. Dahou Djerbal affirme qu’il y a incurie ou incapacité à faire face à une demande sociale. |
| par Chafaâ Bouaïche |
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JSK 1-0 MCA
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| Tizi Ouzou - Stade du 1er-Novembre 20 000 spectateurs. Tartan en mauvais état Arbitrage de Haïmoudi, Kerraï et Aouamri |
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Les Equipes :
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JSK
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MCA
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Chaouchi - Abdeslam, R. Meftah (Zafour 32'), Harkat, Douicher - Ouslati (Marek 46'), Boudjakdji, Hamlaoui - Athmani, Yacef, Hemani (M. Meftah 70’).
Entraîneur : Aït Djoudi. |
Abdouni - Hosni (Illoul 78’), Galoul, Bouacida, Babouche - Hadjadj (Largot 76’), Zmit, Bendahmane, Badji (Badache 83’) – Younès, Bouguèche.
Entraîneur : Bracci. |
Buts : |
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Hemani (61’)
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Avertissements : |
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R. Meftah (21’), Hemani (61’), Abdeslam (67’)
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Younès (25’), Bendahmane (34’)
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El Watan
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En accueillant le MCA, tout aussi mal en point actuellement, la JS Kabylie se devait de remporter le gain du match et confirmer ainsi le redressement opéré depuis la dernière victoire face à l’USMA et le bon point du nul ramené de Batna. Les hommes de Aït Djoudi se devaient de ne pas décevoir le nombreux public qui s’est déplacé pour cette rencontre. C’est ainsi que dès l’entame de la partie, on avait ressenti cette envie de bien faire des deux côtés, mais la JSK s’était montrée plus entreprenante que son adversaire du jour, où l’absence de Belkaïd s’était fait ressentir assez durement. Il n’en demeure pas moins que les Algérois ont fait montre d’une grande maîtrise dans la récupération et surtout dans la relance du jeu. Ils se sont même créé les occasions les plus franches de la première mi-temps puisque le duo Bouguèche-Younès a eu trois occasions nettes de scorer pendant que la JSK peinait dans son entre jeu. Au retour des vestiaires, Aït Djoudi changea son dispositif avec la sortie de Ouslati qui demeure le point noir de cet entre jeu depuis pratiquement son incorporation comme titulaire. D’ailleurs, sa sortie a été salutaire pour l’équipe qui a retrouvé ses automatismes et surtout permis à Hamlaoui de se retrouver à la baguette. Un changement qui porta ses fruits puisque sur une récupération de Hamlaoui, Athmani s’en est allé dans le couloir droit pour expédier un centre millimétré à Hemani qui, au prix d’une belle tête plongeante, a ouvert la marque et surtout offert la victoire à son équipe. Dans les ultimes instants de la partie, le MCA joua son va-tout avec l’incorporation coup sur coup de Illoul, Largot et Badache pour donner à son équipe plus de mordant offensif. Une option qui a failli être payante n’eut été cet arrêt réflexe de Chaouchi sur cette tête de Younès (86’). Par cette victoire, la JSK occupe la dernière place et plonge le MCA dans une nouvelle crise, même si Bracci est certain que son équipe remontera la pente. S’il reste bien évidemment à la tête des Vert et Rouge. |
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Après 2 ans d’absence de la scène française, Farid FERRAGUI nous revient pour un récital unique le
Prix des places :
* adultes
19 euros (hors commission) en prévente
23 euros sur place
* Enfants de 5 à 12 ans : 12 euros (hors commission) en prévente et 15 euros sur place)
* Tarif groupe (+ de 10) : 17 euros uniquement en prévente
* Tarif étudiant : 15 euros uniquement en prévente auprès de l’association TIKLI de l’Université de Saint Denis
Réseau de prévente
réseau Francebillet et Ticketnet : FNAC, VIRGIN, AUCHAN, CARREFOUR, LECLERC, CORA ... ),
Editions Berbères - 47, rue Bénard, 75014 PARIS,
Galerie Tamurt - 25, rue de Montreuil, 75011 PARIS,
Intermède ELM - 66 Bd de la Chapelle, 75018 PARIS,
Bram Phone - 12 Bd Vaillant Couturier, 93100 MONTREUIL
Info line : 06 62 58 34 28 - 01 43 08 12 53
Le spectacle est, entre autres, sponsorisé par la compagnie aérienne française AIGLE AZUR

| J . S . K | |||
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On croit voir des mères éplorées, des amants trahis, des tyrans furieux, furieux de n’avoir pas réussi à faire taire la voix de cet ovni de la chanson kabyle.
Un poète peut-il mourir ? Dans ce double album, Lounès Matoub, le Roi des aèdes berbères répond à cette question, posée par le même artiste en 1991, dans son album Regard sur l’histoire d’un pays damné. Sa voix résonnera en même temps aux quatre coins de sa Kabylie natale, qu’il a quittée prématurément et subrepticement la levée du blocage sur l’autorisation de parution, ici-même, dans son pays. La sortie d’un double album du Rebelle, enregistré lors de son Zénith de Paris le 17 janvier 1998, sera une tornade artistique. Ses fans, qui se comptent par millions, seront aux anges tandis que ses adversaires d’hier et d’aujourd’hui frémiront car ils n’ont pas réussi à faire taire Matoub même avec des balles. "Bien que la force ait fui mes membres, ma voix demeure, qui retentira : ils l’entendront", clame une fois de plus, avec une nouvelle version et un nouvel habillage musical, Matoub dans l’un des deux albums sortis chez Abeille Music.
"Azul fellawen arkuli, assegas ameggaz, je suis encore là une autre fois, merci d’être là, bonos !", c’est avec cette phrase que Matoub accueille une nouvelle fois ses fans avec sa voix rauque et radieuse, malgré le poids de la tourmente et des blessures : plaies de l’âme et du corps. Ce n’est pas un hasard si la première chanson est intitulée Assirem (l’espoir). Matoub sait entretenir l’espoir même dans les épreuves les plus profondes. Il commence par l’espoir et termine par jour de fête, le titre de la dernière chanson de l’album. Entre les deux, Lounès (toute
Matoub proclame la plus tendre - expression de l’amour, notamment dans Tighri N’tagalt (La révolte de la veuve) :
Tu étais pour moi toute joie et tout plaisir ;
Aujourd’hui je suis en larmes ;
Mes yeux demeurent incrédules ;
C’est ainsi que je guetterai
Le moment où je me joindrai à toi
Pour ensemble vaincre l’effroi de la tombe.
La communion ajoute un grain de sel à la prestation majestueuse de Lounès. Quand, dans la chanson La gifle, il partage le chant avec son public, la réplique de ce dernier met du baume dans le cœur de l’artiste qui, ainsi revigoré, repart de plus belle et nous embarque, presque hypnotisés, dans sa randonnée interminable dans les méandres les plus reculés du cœur et ses raisons. Il rappelle que le cœur a ses raisons que la raison n’a pas, et qu’aimer ne consiste point à se regarder dans les yeux mais plutôt regarder ensemble dans la même direction. Même douloureux, l’amour chanté par Lounès est sublime :
Je redoute l’éclat du souvenir ;
Laissez- moi au bannissement
Afin d’oublier !
De l’amour révolu je suis captif ;
Je n’ai pu m’arracher à son étreinte ;
Il me lègue épreuves et souffrances ;
Où, comme un noyé, je m’agite
Pour Lounès, de l’amour à la mort, il n’ y a qu’un pas facile à franchir. Ceux qui sont morts à l’époque de l’absurdité du terrorisme sont immortalisés par cet homme au courage hors-pair. Prémonition due à la sensibilité extrême de l’artiste, il parle dans Kenza à la première personne du pluriel : "Kenza, ma fille, ne pleure pas, , la cause de notre trépas, c’est l’Algérie de demain…". Comme à son accoutumée, Matoub n’épargne personne ; le pouvoir est vilipendé ainsi que les islamistes mais aussi ces soi-disant opposants kabyles que le pouvoir avait corrompu en 1986 en leur attribuant des locaux commerciaux et des logements à
Matoub administre une gifle cinglante à ceux qui l’ont traité de raciste avec cet hymne à Boudiaf, le Président assassiné, qui n’était pourtant pas kabyle. Matoub est le seul chanteur à avoir vanté les mérites de cet homme et dénoncé sa liquidation. Il est vrai qu’il avait et le talent et le courage pour le faire. Mais juste après cette chanson, il prédit dans Epreuves de la révolution :
Nous savons que lorsque le malheur aura pris fin
Feront la récolte ceux qui ont allumé l’incendie
Quant aux pauvres maudits,
Ils ne seront pas aux célébrations ;
La veuve esseulée se lamentera
Abattue, inconsolable à l’épreuve.
Mais Matoub restera éternellement l’Homme que Jean Jacques Rousseau décrit ainsi, comme s’il parlait de notre héros international : Toujours prêt à servir la patrie, à protéger le faible, à remplir les devoirs les plus dangereux, et à défendre, en toute rencontre juste et honnête, ce qui lui est cher au prix de son sang ; il met dans ses démarches cette inébranlable fermeté qu’on n’a point sans le vrai courage. Dans la sécurité de sa conscience, il marche la tête levée, il ne fuit ni ne cherche son ennemi.
On voit aisément qu’il craint moins de mourir que de mal faire. Si les vils préjugés s’élèvent un instant contre lui, tous les jours de son honorable vie sont autant de témoins qui les récusent.
Près de neuf ans après son assassinat, Matoub Lounès est plus que jamais le meilleur.
Il suffit de visiter
Aomar Mohellebi
Source :http://www.depechedekabylie.com/read.php?id=30144&ed=MTM0OQ==
Ce massif imposant, boisé, est constitué d’un ensemble de montagnes à étages successifs qui s’adossent l’une contre l’autre jusqu'à la chaîne du Djurdjura.
Celle-ci, en forme d’arc, s’étend sur une longueur de
Le massif du Djurdjura se présente comme une tour naturelle, un rempart inaccessible que les Romains ont baptisé Mons Férratus, sans doute à cause de la résistance affichée par ses habitants. Les traces d’activité humaine en Kabylie du Djurdjura remontent à la préhistoire comme l’attestent les nombreuses découvertes archéologiques telles que l’industrie lithique, les gravures et peintures rupestres et les stèles libyques trouvées à Abizar et à Souama (…). Elles témoignent de l’activité et de présences humaines permanentes. Quant aux premiers contacts avec le monde extérieur, ils remontent aux Phéniciens (Carthaginois) qui, par les nombreux comptoirs commerciaux longeant la côte kabyle, ont noué certainement des liens commerciaux.
Ensuite les Romains ont essayé d’imposer leur suprématie sur les montagnes du Djurdjura, mais en vain, le Mons Férratus est inaccessible. Les Quinquégentiens, organisés en confédérations entrèrent en insurrection et ne se sont jamais laissés dominer. Pour mieux surveiller leurs acquis dans les plaines, les Romains ont construit des fortins le long des voies qu’ils ont tracées, en relation avec les différentes limes, à l’exemple du fortin Burgus Centanarius situé sur la rive gauche du Sébaou en relation avec la lime de Bida Municipium (Djemaa Saharidj), située en contrebas des Ath Frawsen. Les relations entre les montagnards et les Romains ne sont pas toujours tendues : Bida Municipium adossé au mont des Ath Frawsen a longtemps prospéré.
La révolte des montagnards pour l’indépendance prend de l’ampleur en l’an 372 avec l’insurrection de Firmus qui a soulevé
Au moyen-âge, les Kabyles du Djurdjura furent intimement mêlés aux évènements politiques et religieux qu’a connus l’Afrique du Nord, sans toutefois se diluer dans la masse. Insoumis, Ils ont su défendre et préserver jalousement leur indépendance. Les Turcs, comme d’ailleurs leurs prédécesseurs, ont échoué dans leur entreprise de colonisation du massif. Ils se sont juste bornés au recouvrement temporaire des impôts. Grâce à leur politique religieuse, ils ont pu ménager des relais pour contrôler la région. Tout comme les Romains, les Turcs érigèrent des bordjs et des fortins pour leurs makhzens le long des vallées pour appuyer leur politique de recouvrement de l’impôt et défendre leur acquis dans les plaines. La soumission des tribus n’a jamais été totale comme l’atteste les nombreuses insurrections et incursions des montagnards : le bordj du Sébaou , fondé en 1720 fut assiégé et celui de Boghni fondé à la même époque que le premier fut détruit à deux reprises, en 1756 puis en 1818 .
Ainsi, "l’appareil administratif, politique et militaire, mis en place par les Turcs en Grande Kabylie, a été très sommaire et n’a pas affecté les modes d’organisations sociopolitiques des tribus du massif montagneux."
De l’époque romaine à l’époque turque, les montagnes sont alors restées inaccessibles aux intrusions étrangères.
Organisation sociale et politique
Tous les villages se ressemblent dans leurs structures et dans leurs situations géographiques et l’étude d’un seul, suffit pour comprendre toute l’organisation sociale et politique des communautés villageoises.
L’unité sociopolitique et économique de base de la société Kabyle est la famille élargie : Axxam.
1) Axxam :
Il est composé de grands-parents, du père, de la mère et de leurs enfants. Trois générations vivent ensemble sous l’autorité de amghar (le vieux). Il est le porte-parole de la famille, notamment à la djemaa (tajmat).
Un ensemble de familles (ixxamen) ayant un ancêtre commun compose taxxarubt ou adrum dans certains cas.
2)Taxarubt :
Txarubt (fraction), est l’extension de la famille élargie. Elle occupe un espace bien défini. Taxarubt "est l’unité première de référence idéologique. L’ensemble des unités composant taxarubt partage en commun l’héritage symbolique légué par l’ancêtre en lignée paternelle. Elles sont collectivement comptables de l’intégrité physique de chacun des membres les composant, et de l’honneur du nom partagé en commun." Avant l’introduction du nom patronymique par l’administration coloniale, les membres de taxarubt (fraction) s’identifient à son nom. Elle porte le nom de l’ancêtre.
Exemple : Mezyan n Ath Ali (ath Ali est le nom de Taxxarubt).
Un ensemble de tixarubin (fractions) compose adrum (le quartier). Cependant, imsenden ou Ibaraniyen (familles étrangères) qui se trouvent dans le village, s’insèrent dans les différentes fractions.
3) Adrum (quartier) :
Dans les grandes communautés villageoises, le quartier marque une limite géographique. Ainsi, "la structuration qui va de l’axxam à adrum se trouve projetée dans l’agencement des habitations, des tombes au cimetière et jardins". Un ensemble de iderma (quartiers) forme taddart (le village).
Il arrive que, pour se défendre ou pour attaquer un ennemi commun, des villages s’unissent et forment laârc (tribu) : "Des tribus se liguant contre l’ennemi commun, les confédérations des Flisas, des Guechtoulas, des Aït-jenad, et des Ait Iraten prirent les armes et engagèrent la lutte, en commun, contre les autorités locales que les deys d’Alger cherchaient à leur imposer." Pour les mêmes raisons, les tribus se confédèrent et forment Laârac ou taqbilt (confédération de tribus). Elles sont dissoutes dès que les mêmes conditions qui les ont fait naître cessent d’exister.
Par ordre croissant on obtient :
Axxam (famille), axxarub (fraction), adrum (quartier), taddart (village), laârc (tribu), taqbilt (confédération de tribus)
4) Taddart :
Taddart (communauté villageoise) se présente comme une petite république.
Taddart (village) qui vient du mot dder (vivre) signifie lieu de vie. "Le village représente le monde des vivants, le monde social, doté d’une organisation socio-économique et politique afin d’assurer sa reproduction physique et sociale". Taddart est administrée par une autorité dirigeante qui est tajmaât (assemblée du village). Elle est composée de “lamin”, assisté par des temans (représentants des différentes xarubas), d’un oukil (trésorier) et d’un imam (secrétaire).
Avant la colonisation française, tajmaât était un véritable conseil politique doté d’un droit coutumier et de toute indépendance. Elle gère les affaires de la communauté : guerre, paix, promulgation des lois ou leur annulation … Ils exécutent les décisions de l’assemblée, ils veillent sur le patrimoine et les intérêts généraux du village.
Après la colonisation, tajmaât n’a plus les mêmes prérogatives d’avant, elle est remplacée d’abord par celle du douar (une seule pour toute la tribu). Elle est dirigée par un corps composé d’un bachagha, d’un caïd et de notables choisis et nommés par l’administration. Ensuite, ce conseil est devenu l’assemblée communale qu’on connaît de nos jours. La dilution de tajmaât n taddart (conseil du village) dans celle du douar ne peut trouver explication que dans la volonté d’avoir la main-mise sur
Economie :
Avant la colonisation, les montagnards du massif du Djurdjura se sont maintenus en équilibre sur les montagnes, certainement grâce à leur ingéniosité. Pour vivre en autonomie rester sur ces terres pauvres avec une densité de population importante, les montagnards ont dû appliquer un système socio-politique, juridique et économique, appuyé par un important investissement humain : "Toute population qui n’atteint pas une certaine densité est menacée d’absorption, d’assimilation…La densité numérique étant la condition nécessaire pour que s’établisse une certaine densité sociale …est nécessaire en milieu montagneux, pour que le groupe assure son autonomie de subsistance grâce à un stricte contrôle de l’espace utile exigeant un investissement considérable". L’économie des communautés villageoises de
L’économie de montagne basée sur l’arboriculture, le jardinage, l’élevage et l’artisanat, différente de celle de la plaine, basée à l’époque, essentiellement sur les céréales, est complémentaire. Un rapport montagne /plaine fut établi. Il renforce le maintien des populations par l’échange du surplus de produits issus de l’économie de montagne (nombreux à l’époque) contre par exemple des céréales qui faisaient défaut dans l’agriculture de montagne .
Après la colonisation de la région, l’équilibre qui a maintenu les populations se trouve compromis avec la destruction de l’économie et le démantèlement des institutions sociopolitiques sur lesquelles elle repose : expropriations des terres, destructions du patrimoine forestier et arboricole (incendies), déportations, impôts sur la guerre, interdiction du commerce (les souks) et enfin démentèlement des institutions socio-politiques du village.
Les institutions qui ont maintenu les communautés kabyles sur la montagne, se trouvent donc vidées de leur substance et le rapport montagne/plaine se trouve inversé. "Les choses ont changé à l’époque coloniale, lorsque les plantations modernes ont été étendues dans les plaines …Ainsi s’est trouvé profondément modifié le rapport économique plaine/montagne, dans lequel jusque là, la montagne était privilégiée", écrivait Marthelot.
La montagne ne peut plus répondre aux besoins de ses habitants et les ressources économiques ne cessent de diminuer : la terre ne peut plus nourrir la dense population. L’émigration est impérative pour le surplus humain vers les grandes villes d’Algérie (Boufarik Alger et Annaba) et en Europe. "Mis en contact avec l’économie moderne par le salariat et l’émigration, le fellah a été amené à en intérioriser progressivement la logique de rationalisation (la prévision va se substituer à la prévoyance l’esprit de calcul à la “nniya"-refus de calculer". L’émigration des Kabyles en Europe a commencé bien avant la première Guerre mondiale. On compte en mars 1914, 1635 mineurs kabyles employés dans le bassin houiller du Pas-de- Calais et du Nord.
C’est à partir de la seconde Guerre mondiale que l’immigration fut effective pour les Kabyles. Le manque de dynamisme économique, la scolarisation, et surtout la densité humaine et l’offre d’emplois du pays d’accueil, ont poussé les gens à immigrer en France. Mahé écrivait : "Après avoir envisagé tous les paramètres qui concourent à l’ampleur du phénomène migratoire, c’est seulement dans les deux douars (Beni Douala et Beni Mahmoud) présentant respectivement 372.hab./km2 et 314 hab./km2 que la corrélation entre densité démographique et intensité d’immigration nous semble relativement pertinente puisque les taux d’immigration par rapport à la population active masculine atteignent respectivement 53 % et 47% contre une moyenne régionale de 245 hab./km_et 36,3°% d’émigrés".
Jusque-là, l’émigration était une activité temporaire qui avait pour objectif le soutien des structures familiales communautaires. "Les revenus de l’émigration et ceux obtenus sur place sous forme de salaire ont donc, dans un premier temps, servi directement l’économie d’autosubsistance". Le stock de prévoyance, agricole et artisanal dont disposait la société familiale communautaire fut renforcé dans un premier temps, par l’apport du capital monétaire issu de l’émigration. Ensuite au fur et à mesure que le capital monétaire augmentait, le stock agricole et artisanal diminuait. L’essor démographique accentuait le phénomène et la terre ne pouvait plus nourrir la population. La société passa de l’économie d’auto-subsistance où l’individu dépend du produit de la communauté, à l’économie de dépendance où la communauté dépend du produit individuel. Ainsi la société kabyle est devenue consommatrice et une réserve de main d’œuvre. Après l’indépendance, l’émigration n’est pas épargnée par les changements qu’ont connu toutes les structures de la société familiale communautaire. Elle n’est plus l’émigration temporaire qui renforce les structures de la société, elle devient une source de subsistance et un enrichissement individuel (la mutation s’est faite donc dans un premier temps de l’émigration temporaire à l’émigration de longue durée ensuite à l’émigration familiale dans un second temps). La migration familiale de peuplement est favorisée par les nouvelles orientations de la politique migratoire : "Les objectifs économiques à court terme poursuivis à travers l’usage de cette force de travail d’appoint qu’est la main-d’œuvre immigrée, s’avérant insuffisants, ce sont les préoccupations à long terme, telles que, celle de la reproduction démographique qui vont s’imposer."
Les conséquences de la dépendance économique font éclater l’unité sociale, (axxam ou famille élargie) et font apparaître des ménages (mari et femme). Le phénomène s’est accentué avec l’accès de la femme à l’instruction et au travail.
Ainsi à Tala-Khlil, le phénomène d’exode de ménages vers les villes a commencé au lendemain de l’Indépendance. Quant à l’émigration familiale vers
Depuis, l’émigration et le salariat sont devenus les principales sources économiques de la région. Le travail de la terre est devenu secondaire(une contrainte). Désormais, la montagne est passée de l’économie d’autosubsistance à l’économie de survie. Les montagnes restent tout de même, peuplées, consommatrices, et servent de réservoirs de main-d'oeuvre.
Bibliographie et sources archivistiques
1) M. Dahmani, Economie et société en Grande Kabylie,O.P.U , Alger 1987.
2) F. Dessomes P.B, Notes sur l’histoire des Kabyles, Editions Tira -1992.
3) Gabriel Camps-Libyca- Encéclopédie berbère -Etre berbère
4) Revue Africaine n° 5. . "Burgus Centanarius ou redoute romaine en Kabylie" Berbrugger
5) Mahfoud Keddache, l’Algérie dans l’antiquité, le refus berbère, ENAL 1992.
6) Anadi n°3 et 4, article "Wedris" Mouhend Akli Hadibi, 1999.
7) A. Hanoteau A. Letourneux,
8) Henri Genevois, monographie villageoises At. Yenni etTagemmout Azouz. ENAG-Editions
9) Si Amar Boulifa, Le Djurdjura a travers l’histoire. Editions Berti.
10) J. Morizot, cahiers de l’Afrique et de l’Asie,-l’Algerie kabylisée, annexes, listes des centres municipaux au 31 octobre 1948.
11) J . Nil Robin notes historiques sur
12) J. Nil Robin,
13) A. Mahé, Histoire de
14) Y.Adli
15) G. Camps, Aux origines de la berbèrie/ Massinisa ou le début de l’histoire, Alger 1961 ;
16) G. Camps, Les civilisations de l'Afrique du Nord et du Sahara, Paris 1974.
17) G. Camps, Les Berbères mémoire et identité, Paris 1987.
18) Revue Africaine N°5 Article, L’élargissement des droits politiques des indigènes, ses consequences en Kabylie, de M.M.Remond, O.P.U.
19) S. Chaker, Imazighen ass-a, Editions Bouchene, 1990.
20) A. Zehraoui, L’immigration de l’homme seul à la famille, Ceimi l’Harmattan, 1994.
21) "Rapport de la commission chargée d’étudier les conditions de travail des indigenes algériens dans la métropole 1914, Editions Gouraya.
Par Ramdane Lasheb
Source : http://www.depechedekabylie.com/read.php?id=30113&ed=MTM0OA==
Résumé de la pièce
‘Tidak n Nna Fa’ ou ‘les vérités de Nna Fa’, est la première pièce de théâtre kabyle à être présentée en Amérique du Nord.
Elle est de retour à Montréal le 11 novembre 2006 à 19:30, au Patro le Prévost, 7355 Christophe Colomb, métro Jean Talon.
Le prix des places est de 10$
(visitez : http://www.acaoh.ca )
Cette comédie en 3 actes met en scène une vieille kabyle qui, à l’occasion d’une visite inusitée chez son médecin, laisse libre cours à ses vérités sur la vie sociale en Kabylie et sur la vie tout court. Dans un tourbillon de répliques ou se mêlent le rire et les larmes, Nna Fa avec la complicité de son médecin, nous fait explorer tut un registre d’émotions : la tendresse, la nostalgie, le respect et l’admiration. Nna Fa nous fait découvrir que nos vieilles parentes ont un regard sur la vie beaucoup plus lucide que nous ne le pensons. Elle nous fait entrevoir des trésors de sagesse et de lucidité que nous avons peut être sous estimés. Nna Fa dans une langue de tous les jours déroule devant nous toute une philosophie de la vie d’une simplicité et d’une authenticité surprenantes. Elle nous réconcilie avec une génération dont nous n’avons pas toujours saisi la mesure.
Beaucoup de rire, de tendresse mais aussi de sagesse au rendez-vous.
Allez voir Nna Fa, c’est un voyage garanti en Kabylie, mais aussi un voyage au plus profond de nos cœurs de fils et de filles. Rire et pleurer en Kabyle voila ce que Nna Fa vous promet.
Source : http://www.berberes.com/
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