JS Kabylie
30/10/2006 01:35 par kabylie
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Actualité (Samedi 28 Octobre 2006)
La cohabitation Aït Djoudi-Saïb encore fragile
Par : Mohamed Haouchine
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Moins de quinze jours après son retour à la barre technique de la JS Kabylie, le tandem Aït Djoudi-Saïb aura vécu sa première “onde de choc” puisque Moussa Saïb a visiblement boudé les entraînements durant presque toute la semaine ayant précédé le match JSK-USMA. |
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Visitez ces quelques liens judicieusement choisis, par Kabylie. La chaine Berbère : http://www.brtv.fr Le site Berbère : http://www.berberes.com Le média portail du peuple KABYLE : http://www.kabyle.com Le portail de la communauté algérienne en Amérique du Nord : http://www.algeroweb.com La Jeunesse Sportive de Kabylie on line : http://www.jskonline.com La Référence du foot-ball algérien : http://www.dzfoot.com Le Bimensuel de la Culture et de la Société : http://www.racines-izuran.com/ Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie : http://www.makabylie.info/ Le site Rebelle : http://www.matoub.net Centre Amazigh de Montréal : http://www.amazigh-quebec.org
Centre Culturel Algérien à Montréal : http://www.ccacanada.qc.ca/ Association Culturelle Amazigh d’Ottawa-Hull : http://www.acaoh.ca/ Pour les passionnés d’Algérie ,visitez l’Algérie virtuellement : http://www.algerie-monde.com/ Annonce2.com est le portail des annonces en Algerie:
Bon Surf
Interview exclusive Montréal - Canada
mardi 24 octobre 2006
Ferhat Méhenni, ce grand militant sincère de la cause Kabyle, n’a plus à être présenté aux lecteurs, ses actes parlent pour lui. Cet homme courageux qui malgré les prisons, malgré les intimidations de toutes sortes .... continue de servir sa chère Kabylie.
Nous vous livrons ici quelques questions sur sa visite à Montréal auxquelles, il a bien voulu répondre.
T. Ould-Hamouda : Azul à Mas Ferhat et Bienvenue à Montréal.
Ferhat Méhenni : Merci pour votre accueil. Être reçu y compris au Québec par Kabyle.com est réconfortant. Le dépaysement est moins prononcé. Je tiens à cette occasion à saluer les Kabyles qui, ici, sont partie intégrante du peuple québécois. Je tiens à saluer aussi tous les québécois à qui je transmets les salutations du peuple kabyle qui s’en sent frère.
T. Ould-Hamouda : Vous avez été invité au Festival International de la Poésie de Trois-Rivières, pouvez-vous nous résumer votre participation ?
Ferhat Méhenni : C’est la 2ème fois que cette institution (Festival International de la Poésie) basée à Trois-Rivières me fait l’honneur de m’inviter et m’offrir le bonheur d’une immersion dans un univers poétique où les langues et les cultures fraternisent dans le jeu des mots, des émotions, des expressions et des métaphores. On se rend compte à ce festival à quel point l’universel n’est en réalité que la somme des particuliers et non leur négation.
L’humanité a besoin de tous les regards comme un insecte de tous les éléments de ses yeux composés. Une seule image, quelle qu’en soit la richesse et/ou la beauté est ennuyante lorsqu’on ne dispose que d’elle pour embellir son cadre de vie. Les parfums les plus réussis sont ceux qui mélangent le plus de senteurs et d’essences y compris celles qui, seules, sont nauséabondes. Je dis tout cela pour expliquer que la diversité des langues et des cultures est une formidable chance pour l’humanité.
T. Ould-Hamouda :Du point de vue politique, vous avez eu un programme riche en rencontres, pouvez-vous nous parler des conférences que vous avez animées ainsi que des entretiens que vous avez eus avec la classe politique québécoise ?
Ferhat Méhenni :Il y a eu deux formes d’activités politiques : Les conférences publiques et les entrevues avec les personnalités. Dès que j’ai quitté Trois-Rivières, le 04/10/2006, j’ai donné une conférence sur l’Autonomie régionale de la Kabylie à l’Université québécoise à Montréal (UQAM) organisée par les étudiants souverainistes québecois, puis le 05/10/2006, une autre dans le cadre des "Jeudis de la langue", organisée par la Société Saint-Jean-Baptiste dans une salle située, en face du Consulat d’Algérie à Montréal. Mon texte qui a porté sur la francophonie a été publié par Kabyle.com et d’autres sites comme Makabylie.info que je tiens à saluer chaleureusement pour leur dévouement à mettre en ligne tout ce qui touche de près ou de loin l’évolution des idées et des situations politiques Kabyles.
À travers cette conférence, j’ai affirmé, avec toute la force qui caractérise mes convictions, que pour moi la langue française n’est pas cette maladie honteuse que certains n’ont pas le courage d’assumer. Elle est intégrée à notre patrimoine où elle enrichit et soutient la langue Kabyle.
La Kabylie autonome, demain, intégrera la francophonie non par provocation vis-à-vis de ceux qui y sont hostiles, comme les islamo-baathistes d’Algérie ou d’ailleurs mais par souci d’intégrer tout le monde dans un réseau de solidarités fécondes afin de désamorcer des conflits de civilisation sur le plan linguistique ou religieux.
Au niveau des rencontres politiques, en plus des responsables des organisations qui m’ont offert une tribune publique comme le comité des étudiants souverainistes et particulièrement le très respectable Monsieur Jean Dorion de la Société St-Jean-Baptiste et qui nous ont assuré de leur soutien moral, j’ai eu à rencontrer Monsieur Gerald Larose, ancien patron du syndicat ouvrier québécois et actuel Président du Conseil de la souveraineté, un homme d’écoute et d’intelligence, auprès duquel nous avons trouvé réconfort et compréhension en plus de la solidarité dans notre combat pour l’Autonomie régionale du peuple Kabyle.
Le vendredi 6 octobre, j’ai d’abord rencontré M. Gilles Duceppe, Chef du Bloc Québécois, puis Mme Elsie Lefebvre, députée du Parti Québécois (la plus jeune parlementaire de tout le pays) et enfin M. Daniel Turp, député du même parti.
MM. Duceppe et Turp sont, si j’ose dire, de « vieilles connaissances » qui m’ont déjà fait l’amitié et l’honneur de me recevoir en décembre 2003.
Nous avons pu affiner et rapprocher nos points de vue pour un programme d’action basé sur une solidarité entre la Kabylie et le Québec.
J’ai aussi eu à déjeuner dans un climat fraternel et chaleureux avec le Centre Amazigh de Montréal et échanger sur l’autonomie de la Kabylie, la situation politique de notre patrie natale et l’état de la Communauté Kabyle québécoise.
À toutes ces entrevues, le MAK-Québec a été présent avec les membres de son exécutif.
T. Ould-Hamouda :Un grand spectacle a eu lieu à Montréal où la communauté est venue en masse vous applaudir, racontez-nous vos impressions ?
Ferhat Méhenni : C’est une action à mettre à l’actif de la dynamique Association Tafsut dont la présidente Tassadit Ould-Hamouda arrive à déplacer des montagnes pour la défense et la promotion de la langue et de la culture amazighes et Kabyles, de Mouloud Kacher et Mourad Itim qui ont déployé tous leurs efforts pour la réussite du spectacle.
L’organisation était impeccable et l’orchestre qui m’a accompagné à la hauteur. J’en garde un impérissable souvenir. Le public venu très nombreux m’a rendu un vibrant hommage que je n’oublierai jamais. Durant la prestation, il y eut une courte interruption pendant laquelle près de 80 enfants étaient montés sur scène pour accompagner la lecture d’un texte et la remise d’un cadeau (une planche gravée) exprimant dans notre langue maternelle, la reconnaissance du peuple Kabyle pour mon combat.
J’eus aussi la larme à l’oeil après la stand ovation que la salle m’a réservée à la suite de la chanson Bella ciao où j’ai été accompagné par la sympathique chorale féminine de Tafsut, inoubliable pour moi.
T. Ould-Hamouda :Vous avez été convié ensuite par l’ACAOH (Association d’Ottawa-Hull) et vous avez participé à la soirée des enfants de l’école de Tamazight qui ont présenté, en hommage à Mohya, la pièce "Si-Lehlu".
Ferhat Méhenni :Je suis admiratif devant la prestance et le sérieux de l’ACAOH. La compétence de ses membres y est au service de l’engagement politique et culturel amazighs. J’ai promis en décembre 2003 de leur donner de mon temps et de ma voix de chanteur à ma prochaine venue au Canada. Ils me l’ont rappelé et j’ai honoré.
Toutefois, tout le plaisir était pour moi, puisque avant de monter sur scène, j’ai eu la joie de goûter à la saveur d’une pièce théâtrale, "Si-Lehlu" de Mohia, jouée par une troupe composée de jeunes à l’expression en kabyle très aisée.
Cette association, cela mérite d’être signalé, a réussi l’exploit de faire de la langue amazigh une langue internationale dans la province de l’Ontario. Je ne peux que m’incliner devant leur oeuvre.
Permettez-moi enfin de saluer une énergie, une compétence et un dévouement incomparables dans l’action audiovisuelle amazighe, celle de R.B qui a filmé tous mes déplacements durant cette visite.
T. Ould-Hamouda : Votre mot de la fin ?
Ferhat Méhenni : "Amennugh nekn’at t nedhem Ghaf izerfan nnegh.......
T. Ould-Hamouda : Tanemirt a mas Ferhat.
Ferhat Méhenni : Tanemmirt i Kabyle.com - Segul -
Entrevue réalisée à Montréal, le Dimanche 8 octobre 2006
Remerciements à Mohand Medkour et Arezki Ait-Ouahioune pour les reportages photos du spectacle et à M. Kechad pour les photos du 24 juin 2004.
source : http://www.kabyle.com
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Lounis_Aït_Menguellet_en_concert_-_Roubaix,_juin_2003_-_Photo_Association_Convergences.jpg
Ayla-m εeqlit,
γurem ad as tebrud’ yibbwas,
a taqbaylit,
yecreq yit’ij, yulli was,
Xas ma nettneγ,
degg menuγ ad yekk nfaε,
az’ar-nneγ,
degg ul ibed is’eh’a,
freh’ yis-neγ,
ma truh’ed’ d-acu nesεa ?
kem d-yemat-nneγ,
geranneγ nefhem nez’ra,
Win iruh’en,
yella wayed’ (de)gg-mkkan-is,
win ifeclen,
anebded s-idisan-is,
wi kkem ih’emlen,
fell-am isebbel ruh’-is,
iεebd-ik-kem,
yisem igg sbed lqed-is,
Ma neðða-k-kem,
ððan-k-kem wid i tqurεed,
angga-t wudem,
is ara nqabel wiyed’,
aqlaγ yidem,
nesεa-k-kem akken i daγ tesεad’,
nettwali yisem,
akken yisneγ i twalad’,
Laεqel d-aqdim,
ur iruh’ akken at id nerr,
ur ttxemmim,
ma di t’iq naγ di liser,
tameslayt-im,
wa tt-iγed’len ma yezmer ?
ma d-araw-im,
yisen i tbedd Ledzayer !
Transcription : Icerfan
Lounis Ait Menguellet
Zinedine ZIDANE , sur le maillot bleu ,au-dessus du coq , brille une étoile , celle des champions du monde.
Cette étoile a guidé Zinedine Zidane , de Marseille à Madrid en passant par Cannes , Bordeaux , Turin , le S t a d e d e F r a n c e . . .
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D1/10e J : La JSK gagne enfin !
(Chlef de plus en plus solide) |
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Les actus en France et diaspora dans le monde
« Toi, tu auras des étoiles
comme personne n’en a...
Quand tu regarderas le ciel, la nuit,
puisque j’habiterai dans l’une d’elles,
puisque je rirai dans l’une d’elles,
alors ce sera pour toi
comme si riaient toutes les étoiles...
Tu auras envie de rire avec moi.
A. de SAINT-EXUPERY, Le Petit Prince.
Ça fait plus de quarante jours que tu es parti. Tu t’en es allé lundi 1er mars à 18 heures 30. Trois quarts d’heure avant, tu me téléphonais au bureau depuis ton portable, tu me disais : « Ali, je ne me sens pas bien. Peux-tu venir ? » Le temps d’éteindre mon ordinateur et de monter à Longwy-Haut où je venais d’emménager. J’errais à travers les pièces, vides de toi, pour te trouver. Je t’appelais en vain. Seule ma voix me répondait en écho. Je vais chez Mastan, mon fils, croyant que tu t’y es rendu. Hélas ! tu n’y étais pas. Je retournais chez moi pour t’attendre. En chemin, sur le trottoir longeant l’avenue André Malraux, côté parc, à hauteur du Centre des impôts, des curieux essayaient de savoir l’identité de la personne allongée devant l’ambulance du Samu. Ma gorge sèche pressentait déjà le malheur. Je garais ma vieille Opel plus bas pour ne pas gêner la circulation. Un officier de police, une jeune femme, venait à ma rencontre pour me dire :
« - Ce n’est pas un spectacle, monsieur, circulez !
« - C’est peut-être mon ami. Il m’a téléphoné il y a un peut plus d’un quart d’heure pour me dire qu’il se sentait mal, lui répondis-je.
« - Il s’appelle comment votre ami ?
« - Ouahioune. Saïd Ouahioune.
« - C’est lui. Pouvez-vous le reconnaître de loin pour ne pas gêner les réanimateurs ? »
Je m’approchais, je reconnaissais Saïd, mais pour mieux m’approcher je répondis :
« - D’ici, je ne saurai le reconnaître. » J’avançais à hauteur du véhicule des pompiers qui, avec le médecin du SAMU, tentaient en vain de te ramener à la vie : on a exploré toutes les techniques de réanimation. Dernière tentative, le simulateur cardiaque. Une décharge électrique. Un sursaut. Comme pour me faire, une dernière fois, tes adieux. Puis, plus rien tu t’es raidi à jamais. On m’a laissé t’approcher, te toucher, te fermer les yeux et la bouche. On t’a recouvert d’un drap, on t’a chargé dans le fourgon. Je ne te revoyais que le surlendemain au moment de ta toilette.
Depuis le 22 février, en visite chez moi, nous avons vécu ensemble, intensément. On ne se quittait que pour aller dormir. Ce lundi, tu ne te plaignais de rien. A midi, nous avions déjeuné ensemble, quiche lorraine, rosbif avec des légumes, une tarte. Le tout sobrement arrosé d’une bouteille de bordeaux rouge. Puis, à Auchan, nous avons déambulé entre les rayons jusqu’à trois heures pour trouver un cordon pour le téléviseur. Pendant que nous flânions, tu faisais le tour de nos amis. Madjid Bali avec qui tu animais des émissions radiophoniques sur la chaîne II. Un jour, vous aviez même joué une farce au poète Mohammed Ben Hanafi et pour finir vous l’enleviez pour un restaurant à Blida. Tu passais en revue nos conférences de presse clandestines en 1969 lors du Festival Panafricain, quand le Pouvoir d’alors frappait d’interdit la culture amazighe et refusait la présence de Taos Amrouche dans ce symposium. Pourtant, on lui avait donné un billet de voyage pour y participer. De connivence avec Saïd Sadi et les étudiants bérbérisants, nous lui organisions un mini festival à la Cité universitaire de Ben Aknoun, loin du Pouvoir et de ses courtisans.
Elle était belle notre Taos. Malgré sa petite taille, ce petit bout de femme occupait toute la scène. Elle avait beaucoup de présence Taos ennegh. Sa voix inégalable, montait jusqu’à l’ut dièse et descendait jusqu’au fa. Chérif Kheddam, dans une improvisation, était le seul à pouvoir donner la réplique en faisant vibrer le bendir, seul instrument capable de révéler les temps et les soupirs, donner un effet de souffle à la voix explosive de Taos qui déchirait le silence d’une salle en recueillement. L’amphi débordait de monde. Ce jour-là, tout le monde avait déserté le festival pour Ben-Ak... Ils étaient tous là Mouloud Mammeri, Youcef Nacib, Mahfoud Keddache, Laceb, Lahlou, Saâdi Fernane, Ben Mohamed, Arezki Si Mohammed, Saïd et Hand Sadi, Saïd Khellil, Madjid Bali, Youcef Sadeg, Amar Zentar, Mustapha Benkhemou... et d’autres... et d’autres... que ma mémoire ne peut retenir et cet espace ne peut contenir. Les ovations, longuement entretenues, étaient notre récompense pour remercier Taos du don qu’elle nous faisait.
Nos week-end à Tala Guilef, Tigjda, Assouel, le lac de Goulmim, Tamgout, Tipaza, l’Akfadou, Tichi, Arris ou la pentapole mozabite. Nous remplissions deux à trois cars pour nos excursions. Dans ces errances, nous poursuivions les cours de berbères que nous dispensait Dda Lmouloud, aussi des nôtres dans ces sorties. Ben Hanafi récitait ses poèmes, Mhenni chantait son succès « Jeğiga tajeğğigt g-gires » ou nous narrait « Ddunit », une épopée lyrique. Tu te rappelles nos tournées théâtrales aux Ouadhias et aux Aït-Yenni avec les jeunes scouts touaregs, les récitals avec Chérif Kheddam, Idir dans ses débuts, Meziane Rachid, Nouara, Aït-Menguellat, Ben Mohamed... Tu as compris que la culture se nourrit de culture. Madjid Bali était, dans ces moments, la mémoire visuelle avec son appareil photo. Quand en décembre passé à Alger, bien plus de trente ans après, il nous montrait ses clichés souvenirs, tu te rappelais les instants et les lieux que tu faisais habiter de personnages et d’anecdotes rattachées à chacun.
Dans la contrée kabyle, un village s’est érigé autour d’un chêne au sommet d’une colline, d’où son nom Tassaft Ugemmoun. C’est là que tu naquis, Saïd Ouahioune, un 26 novembre 1946. Après l’olivier et le figuier, c’est sous le chêne qu’on se réfugie dans les moments ultimes, le dernier bastion autour duquel on se défend contre l’adversité. Il est nourricier, il donne des bellut, les glands doux. Symbole de l’honneur, un poète le chanta : « W’ ibγan lherma ad tagwar, ad yali s adrar, ad yečč abellud bu tcaccit ». Qui revendique une dignité tenace, se retire en montagne, se nourrisse de glands à cupule. Tu n’aimes pas la facilité que procure la plaine. Bâti comme un chêne, tu ne te plaignais jamais, aucun mal ne t’atteignait, pas la moindre migraine. C’est du moins notre impression, car la nature aime à se cacher. Tu regardes naïvement en toi et autour de toi, tu vois le monde comme si tu le voyais pour la première fois. C’est là, peut être, que réside ta force. Contre vents et tempêtes, tu parais insensible, impassible, stoïque. Tous nos amis ont changé, muté, se sont métamorphosés. Toi tu restes inflexible, permanent, force tranquille qui réconforte.
Géologue au courant des secrets de la terre, tu sais le langage des pierres, mettre en évidence les plus précieuses. Tu agis de même avec les humains, et tu sais dégager de la foule l’insolite, la perle rare. Tu as l’art de faire rencontrer les hommes porteurs d’idéaux, de concilier les complémentarités, les intelligences. N’est-ce pas toi qui as présenté à Saïd Sadi les Madjid Yousfi, Mustapha et Ahmed Bacha, Noredine Aït-Hamouda ainsi que d’autres bonnes recrues du RCD. Quand Sadi t’appela pour t’occuper de l’administration de son parti, tu n’as pas fui, mais discret, tu es resté l’homme des coulisses. Très au courant des arcanes de la politique, tu restes le plus écouté, l’homme sage. Sans verser dans les cachotteries tu sais délier les nœuds, tu sais ce que parler veut dire. Ce n’est pas sans raison qu’on t’appelle `ami Saïd ou dda Saïd. Tu demeures le partisan fidèle, sans l’esprit partisan où l’on vient avec des idées préconçues, tu restes pragmatique, pratique, concret et fonctionnel. Aux titres et aux honneurs du devant de la scène − tu n’as pas le tempérament du carriériste −, tu leur préfères le militant de base. Tu aurais pu devenir député RCD, avoir une bonne retraite, tu le méritais pourtant bien. Militant dans l’ombre ne signifie pas effacé, car tu n’es pas quelconque. Chaque jour tu défiais la mort pour sauver la vie des autres. Tu donnais le sens à la vie où l’on apprend à mourir sans crainte. Remède à toute pensée mortifère, tu étais le chêne enraciné, inébranlable jusqu’à ce premier du mois de mars.
Yamina, ta mère, trouvera en moi l’ami de toujours de son fils ; Ouerdia, ton épouse, l’ami fidèle et respectueux de son mari ; Madjid, Salim, Ahcène et Djouhra, tes enfants, l’ami attentif et constant de leur père ; Chabane, Farid, Ouali, Hamid et Djamal, tes frères, l’ami dévoué de leur aîné.
Sur la terre, une étincelle s’est éteinte à jamais. Dans le firmament une étoile s’est allumée pour l’éternité. Eveille encore, Saïd mon ami, nos facultés créatrices et inspire nos actes.
Ad ruḥeγ ad kem ğğeγ a yemma
Je dois te quitter mère
Γas berra ijeddeb waḍu
Même si dehors le vent hurle
Ad ruḥeγ ad kwen ğğeγ a yatma
Je dois vous quitter frères
Ad rzeγ lhib’ i wsalu
Même si dehors la neige est épaisse
Ad ruḥeγ ad-kem ğğeγ a tala
Je dois te quitter fontaine
Ma neswa kra ad-d inulfu.
Amar MEZDAD
Je te lègue ma vertu à ruisseler
Ali SAYAD,
Anthropologue,
Longwy (France).
Mis en ligne par Stéphane ARRAMI
Bonjour à tous !
Merçi ALI pour ton évocation de mon plus proche cousin SAÏD, mon ami d’enfance , mon ami de l’adolécence, ami de l’âge de raison et de la déraison, ami de tous les instants, joyeux et tristes, ami des périodes troubles et des périodes de paix..
Oui, tu dis vrai, en évocant son côté "artisant" des rencontres, des événements et des décisions qui comptent...
Oui, tu dis vrai, en souligniant son engagement discrét mais néanmoins, réel, profond et désinteressé au service de la grande cause de l’identité et de la culture...
Pour ma part, à 58 ans, je me sens orphelin au plus profond de mon être...
Merci SAÏD, ton "passage parmi les vivants" n’a pas été vain. Ton action participera encore longtemps au combat que tu as choisi , il y a plus de trente cinq ans, et qui reste toujours la cause juste...
Merci à Ali Sayad pour cet émouvant témoignage sur Feu Said Ouahioune, que Dieu ait son âme. Il était de mon village, malheureusement, je n’ai pas eu l’honneur de le connaître :nefreq am iwaouene af ellouh ! C’est une grande perte pour notre culture.
Mes sincères condoléances à sa famille.
Cher regretté Saïd Ouahioune, on sait connu à peine, te voilà parti !
Sa mort à Longwy m’a boulversé quand Ali Sayad me l’avait fait savoir par téléphone, une voix irritée par l’émotion. Alors que je l’avais vu trois jours avant, quand je dédicaçais mon ouvrage à la bibliothéque Mont Saint Martin. Saïd y était venu avec Ali. Il a aimé mon ouvrage, et mes peintures. Au cours d’une soirée chez Jacques Peiffer (céramiste et artiste plasticien longovicien), j’ai eu l’occasion de le voir pour la première fois. Le sujet de la soirée s’est orienté vers le Tasili, le Hoggar où Saïd était géologue à la SONAREM. J’ai beaucoup appris par ses dires sur la vie des Berbères de cette contrée. Saïd est d’une grande sensiblité. Sa mort nous a dressé les cheveux pour toute la communauté Berbère vivant dans le Pays-Haut de Lorraine. La compagnie avec lui était agréable, surtout lorsque la converstaion traite du monde Amazigh. Saïd était venu mourir à Longwy, à la rue Malraux. A la cérémonie de son recueillement avant de l’embarquer sur Alger via Paris, ils étaient nombreux à y assister. Ils étaient venus de Paris, de Bruxelles, des villes environnantes, ses frères et soeurs de combat étaient à ses cotés. Ali Sayad son ami de tourjours était là à régler le moindre détail des formalités administratives et funéraires. Saïd est tombé à la rue Malraux comme un cédre de Numidie, la mort était au rendez-vous. Néanmoins, il est mort entouré par l’affection de la communauté berbère. Et toute Longwy pleure son absence.
Mes hommages endeuillés pour l’homme du Djrdjura que tu es et que tu seras dans une autre vie.
Nacer Boudjou Journaliste-Artiste Plasticien
Azul à ALI SAYAD ! Tout d’abord on vous remerciez Mass SAYAD pour Votre fameux témoignage pour un militant que nous avons perdu ; Un militant des causes juste (Tamazight, Démocratie.............) Je profite de cette Occasion pour témoigner moi aussi pour cet homme qui as beaucoups de Qualités par apport à d’autres militants engagés de Notre village TASSAFT UGMOUNE à l’exemple de Mustapha BACHA , .Djaffer OUAHIOUNE .... . Said est militant loin de toutes lumières ; Car c’est un militant même si on partage pas avec lui certaines idées politique (comme la plupart des jeunes de mon village) mais on le dois beaucoups beaucoups de respects , je vous assure que c’est un militant Humaniste (avec un grand H) ; On se rappelles tous lors d’une réunion de famille (Angema B’adhrum ) il a étais le premier à proposer à aider les pauvres de Village avec toute modesté et courage..... Je vous assure que c’est un militant qui aime ses racines , fière de ses origines "DANIFI" dans tous les sens. J’ai à lui dire "Da- Said ’’ repose en paix car il existes derrière toi des hommes (Krimo , Belaid, Khelifa, Qadi,............) qui continuent sur tes traces et ton courage. N-B : Le drapeau de TAMAZGHA que tu as offre à SAID il accompagne meme dans son dernier abri étrenel. . Tanmirt-ik à mass SAYAD nous les jeunes de Tassaft ,on trouveras en toi , l’Ami de Said At Ouarab !
Yiwen B-azdukli si TASSAFT OUGUEMOUNE