‘Tidak n Nna Fa’ ou ‘les vérités de Nna Fa’, est la première pièce de théâtre kabyle à être présentée en Amérique du Nord.

20/10/2006 03:46 par kabylie

Azul Fell-awen ,
Après le vif succès obtenu lors de sa première présentation à Ottawa et à Montréal, la comédie théâtrale ‘Tidak n Nna Fa’ va être rejouée à Montréal le samedi 11 novembre 2006 à 19 h 30 (voir détails ci-dessous).
Afin d’appuyer la promotion de la pièce, nous prions chacun des membres de la communauté de faire suivre cette annonce aux personnes qu’ils connaissent. 
 Nous comptons sur vous pour les inviter à aller voir ‘Tidak n Nna Fa’.
Vous pouvez leur promettre une agréable soirée empreinte de rires et de tendresse. 
Si chacun de vous  envoie cette annonce  à au moins une seule personne, ça sera déjà formidable.
N’oubliez pas de copier le résumé ci-dessous pour leur donner une idée de ce qu’ils verront.
Tanemirt af ufud ara d-fkem.
 Merci pour votre précieuse collaboration.
 Résumé de la pièce
Tidak n Nna Fa’ ou ‘les vérités de Nna Fa’, est la première pièce de théâtre kabyle à être présentée en Amérique du Nord.
 Elle est de retour à Montréal le 11 novembre 2006  à 19:30, au Patro le Prévost, 7355 Christophe Colomb, métro Jean Talon. Le prix
 des places est de 10$ 
affiche à :
 
Cette comédie en 3 actes met en scène une vieille kabyle qui,  à l’occasion d’une visite inusitée chez son médecin, laisse libre cours à ses vérités sur la vie sociale en Kabylie et sur la vie tout court.  Dans un tourbillon de répliques ou se mêlent le rire et les larmes,  Nna Fa avec la complicité de son médecin, nous fait explorer tut un registre d’émotions : la tendresse, la nostalgie, le respect et l’admiration. Nna Fa nous fait découvrir que nos vieilles parentes ont un regard sur la vie beaucoup plus lucide que nous ne le pensons.  Elle nous fait entrevoir des trésors de sagesse et de lucidité que nous avons peut être sous estimés. Nna Fa dans une langue de tous les jours déroule devant nous toute une philosophie de la vie d’une simplicité et d’une authenticité surprenantes. Elle nous réconcilie avec une génération dont nous n’avons pas toujours saisi la mesure.
Beaucoup de rire, de tendresse mais aussi de sagesse au rendez-vous.
Allez voir Nna Fa, c’est un voyage garanti en Kabylie, mais aussi un voyage au plus profond de nos cœurs de fils et de filles. Rire et pleurer en Kabyle voila ce que Nna Fa vous promet.
 

Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK) en chansons

18/10/2006 04:34 par kabylie

  • Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK) en chansons

    Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK) en chansons

    18/10/2006 04:34 par kabylie

 

Source : http://jskmonamour.ifrance.com/

 

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LES CHANSONS SUR LA JSK

 

Source :  http://www.jskonline.com/musique.asp

 


 

Matoub Matoub Lounes
kessnegh la JSK
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Lahlou Lahlou JSK
Le grand succes de Lahlou sur la JSK
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Ait

Ait Menguellet JSK Une reference sur la JSK par Ait Menguellet

 


 

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Ansuf yeswen su mata

18/10/2006 04:14 par kabylie

« hééééé!!! » par nelhai 

Lounis Aït Menguelet :

18/10/2006 04:01 par kabylie

  • Lounis Aït Menguelet :

    Lounis Aït Menguelet :

    18/10/2006 04:01 par kabylie

Photo extraite du site « « Convergences »
«La poésie est un exutoire qui me procure le sentiment d’être libre»
La Tribune 21/08/2006
Rencontré à Sétif lors de sa participation au deuxième Festival international de Djemila, le grand chanteur et poète kabyle Lounis Aït Menguelet nous a livré ses impressions, frappées au coin du bon sens qu’ont forgées sa sagesse et sa modestie légendaires, sur sa perception de la chanson engagée et du statut de l’artiste en Algérie

 

La TRIBUNE : Vous êtes présent au Festival de Djemila pour animer une soirée dans le cadre de la solidarité de l’Algérie avec le peuple libanais. Est-ce qu’on peut dire aujourd’hui que vous êtes toujours un chanteur engagé ?

 

Aït Menguellet : J’ai été contacté pour participer au Festival de Djemila en tant qu’artiste avant les événements qui se sont déroulés au Liban. Je suis ici en tant qu’artiste, même si je considère que défendre les peuples opprimés est une cause juste. Mais, je ne me considère pas comme un chanteur engagé. Comment peut-on parler d’engagement ? Ce que je fais en ce moment, à travers ma participation artistique, est un simple message artistique porté par mes chansons et mes compositions. Je poursuis mon chemin d’artiste dans la même ligne de conduite que je m’étais fixée dès mes débuts dans la chanson.

 

Pourtant beaucoup de vos admirateurs vous considèrent comme un chanteurs engagé ...

Il y a une différence entre la politique et l’art. Est-ce qu’un politicien peut enregistrer un album ? Dans mon domaine, je fournis des efforts afin de présenter un art propre dont je maîtrise le tissage des fils. Je ne pratique pas la politique. J’ai eu assez de problèmes et de tracas à cause de mes positions.

Souvent, je suis très prudent en dehors de mon domaine artistique et je préfère ne pas m’aventurer dans d’autres domaines dont j’ignore les lumières.

 

Votre poésie est puisée dans la vie quotidienne, mais que vous apporte la poésie dans votre vie quotidienne ?

La poésie est en quelque sorte mon oxygène, mon exutoire. C’est ma seule échappatoire. J’aime m’y immerger pour explorer les profondeurs. La poésie m’apporte également un fort sentiment de liberté qui me donne des ailes. Dans ma vie quotidienne, je n’ai pas de moments spécifiques pour faire de la poésie, cela vient spontanément sans que je le planifie.

 

Vous allez chanter, ce soir, dans l’un des plus beaux sites de la région des Hauts plateaux imprégnée de la musique chaouie. A ce titre que pensez vous de la rivalité entre la chanson kabyle et la chanson Chaoui ?

Cette rivalité est le produit de certains médias qui ont nourri les malentendus entre les chanteurs. Ce que je veux clarifier c’est que nos relations dans le milieu artistique sont empreintes de respect et de bonne entente. Personnellement, je n’ai aucun sentiments de rivalité avec d’autres artistes. Bien au contraire, j’ai de bonnes relations avec les autres artistes, qu’ils soient chaouis, constantinois, oranais ou d' autres régions du pays. Ce que je trouve triste, c’est qu’une certaine presse attise différents conflits entre les artistes sans aucun fondement. Ce sont eux qui créent ces rivalités stériles et non pas les artistes. Toutefois, il existe de bonne plumes qui font leur travail convenablement.

 

Est-ce que cela signifie que vous avez des griefs contre les médias ?

Ce que je veux, c’est juste souligner que certains journalistes tissent des informations de leur imagination et ne prennent pas la peine de vérifier la vérité. Ce qui est une grande erreur. Personnellement, j’ai été choqué par certaines informations qui me concernent, et dont je n’avais aucune connaissance. J’invite les journalistes à me contracter pour me poser des questions avant de publier des informations erronées. A ma connaissance, le journaliste doit d’abord confirmer ses informations à la source avant de diffuser des informations sans aucun fondement. Cela n’empêche pas qu’il existe en Algérie des plumes consciencieuses et des journaux excellents.

 

Quel est votre avis sur la chanson algérienne en général et le raï en particulier ?

La chanson algérienne se porte bien et elle a enregistré de grands succès. Ce que je souhaite, c’est qu’il y ait une véritable relève qui portera les véritables messages artistiques pétris de beauté et de principes. Quant à la chanson raï, elle a sa place dans le panorama de la chanson algérienne. Elle est toujours présente car elle a su s’imposer. En Algérie, il existe une pléiade de styles, c’est une véritable richesse dans le paysage artistique et culturel. Je pense qu’il faut prendre cela comme quelque chose de positif et non pas comme quelque chose de négatif.

 

La chanson kabyle est assimilée aujourd’hui à des chansons de fête et de danse, qu’en pensez-vous ?

La chanson kabyle est passée par une période difficile mais ce n’est qu’un sombre nuage de passage qui va finir par se dissiper. Les chansons de fête sont des chansons pleines de vie. Ce sont des chansons légères qui sont emplies de joies et de mouvements. Les gens ont besoin de ce genre de répertoire. Il existe de grands talents qui se dirigent vers ce style de musique et arrivent à se démarquer. Mais, même si on a besoin de ce genre de chants, ce qui me désole, c’est l’ampleur que prend le phénomène des reprises de chansons qui ont déjà connues de grands succès, des chansons magnifiques qui perdent leur âme et leur splendeur à cause des reprises. Cela reflète le manque de création et d’imagination de certains chanteurs qui ne prennent pas la peine de faire des recherches pour le renouvellement. Cette facilité tue la chanson et la création.

 

Peut-on dire que cet état de fait est le résultat d’un manque de nouveaux auteurs

et compositeurs ?

 

Non pas du tout. Il y a une nouvelle génération de paroliers et de compositeurs d’un très bon niveau, et qui sont de grands créateurs. Malheureusement, personne ne demande leur aide ou les sollicite pour une collaboration. Je souligne encore une fois que certains artistes préfèrent la facilité et ne veulent pas faire des recherches ou fournir des efforts pour s’améliorer et étoffer leurs travaux. Ils marginalisent de ce fait les bons auteurs et compositeurs. C’est un véritable danger qui menace la chanson kabyle.

 

Récemment Hasnaoui Amchtouh, hospitalisé, a lancé un appel de détresse à cause de sa situation précaire, quel est votre sentiment à ce sujet ?

Sincèrement, j’ignore qu’il était souffrant et qu’il passe par une période difficile. Cela relance la problématique du statut de l’artiste et de ses droits. Je pense qu’il faut encore militer pour avoir un cadre légal pour préserver les droits des artistes mais également définir leurs devoirs.

C’est malheureux que des artistes continuent à souffrir et vivent dans le dénuement. Personnellement, je suis contre l’idée que c’est aux artistes de se prendre en charge et de s’entraider si l’un d’eux est exposé à un accident ou à une maladie. Je pense qu’aujourd’hui les artistes sont tenus d’unir leur force jusqu’à l’obtention de leurs droits. C’est dans cette cause juste et noble qu’il faut s’engager.

 

Auriez-vous un nouvel album en préparation ?

Je n’ai rien de nouveau pour le moment, j’attends comme d’habitude que l’inspiration vienne naturellement. Par contre, je continue d’animer plusieurs concerts sur scène.  

par Djemila Sihem Bounabi

Matoub Lounès 1956-1998

15/10/2006 04:14 par kabylie

  • Matoub Lounès 1956-1998

    Matoub Lounès 1956-1998

    15/10/2006 04:14 par kabylie

Discographie complète de Matoub Lounès
28 albums, ou 34 si on compte 2 volumes comme 2 albums

http://www.berberes.com/webpages/Entretien_avec_Lounes_Matoub.html

image
1978 01. Ay-izem
01- Ay izem
02- Ifenanen
03- Tagrawla nnegh
04- Aqlagh
05- Ya l'ferh-iw
06- Lehbab-iw
07- Terr-id
08- Anef-iyi

02.Daawessu
01- A yemma azizen a yemma
02- Azul Felawen
03- Nehder mi tmal ddunit
04- Tighratin an ruh
05- Inaghed ayen akka
06- Attan attan daƒwessu

1979 03. Ruh ay-aqcic
01- Yaw at n magret
02- Ruh ay aqcic
03- Qdeƒgh l'yas
04- Ay akal hader ssifa-s
05- Iydewer i wedrar
06- Amirouche et Ferhat
07- Acangal yezzi
08- Yebwded lawan
09- Ur d iyi sedlam
10- Arqiq l'hal-iw

04. Yekkes-as i znad ucekkel
01- Iywexxer wagu
02- Ggergger yessawel i l'Aures
03- Aken kan id ttaxregh
04- Yekkes-as i znad ucekkal (L'girra-l'firaq-l'gherba-l'mut)
05- Ay imesdurar
06- A tidett w'ikem iyƒebban

05. A l'hif yuran (Ay idurar n-jerjer)
01- Azul a mmi-s idurar
02- Ger idurar Laures
03- Ufight yedduri ttejra
04- Tegrourez
05- Ay idurar n ggergger
06- Abehri
07- A l'hif yuran

06. Ay ahlili
01- Ay ahlili
02- A tidett rdju
03- Garanegh ur d yegwri usirem
04- Ay ahbib as-a ad ruhegh
05- Akwit ay arrac nnegh

1980 07. Ad-twaligh
01- W'aka im'd yessawlen
02- Xas kker arz
03- Ay aqcic aƒjel
04- Anagh i yiga rray-iw
05- Tilelli
06- Oh ! ay ihbiben-is
07- Ttar-im amtid rregh
08- Ad-twaligh

08. Recital à l'Olympia 80 (JSK)
00- Intro
01- JSK
02- Imazighen (Hekun)
03- D aghrib
04- L'girra tefra
05- Poemes (Tayeb)
06- Tter

1981 09. As-agi lligh
01- As-agi lligh
02- Zhut ay arrac
03- Ya l'ferh-iw
04- Oh a yemma sber
05- Poemes Tayeb (Olympia 80)
06- Tighratin

10-11. Slaavit ay abehri vol.I
01- Slaabit ay abehri
02- An rrez wal'a neknu
03- Defregh s wallen-iw
04- Ay adrar n at yiraten
10-11. Yehzen l Oued-Aissi vol.II
05- Yehzen l'wad aƒissi
06- Ammous yezga iyzedgiten
07- A l'wexda iysaren
08- Berzidan

12. At yiraten
01- Mugregh at yiraten
02- Ifis
03- Aasekri
04- A mmi azizen
05- Yenayi aqli ad ruhegh
06- Anef-iyi ad rugh
1982 13. Tirgin
01- Ru ay ul
02- Tighri idurar
03- Kumisar
04- Tirgin
05- As-a tesƒid mmi-m
06- Letnayen iruh d d-tlata
07- Amehbus-iw
08- Mi neztel s l'kif
1983 14. Tamsalt n Sliman
01- Ur iyfur
02- As l'ferh
03- Abrid at neƒqel
04- Llah ukber
05- Tamsalt n Sliman
06- Afalku bwezru llegrib
07- Yir tayri
08- A lexlaxel
09- Imcumen
1984 15. A-tarwa l-hif
01- Lhaq.
02- Sidi Abderrerhman.
03- Mr Le Président.
04- Assa adjazayri.
05- I gujilen.
06- Tarwa en el-hif
1985 16. Dda Hammou
01- Dda HAmmou (Ezzin yeghelebet esser).
02- A yasghersif.
03- Yecdas i rebbi leqlam.
04- Ezzehr-iw.
05- Tamsalt-iw.
06- Attan n-emmi.
07- Qellev el methl-im.

17. Lvavur
0l- Imgherreq.
02- Ma sughegh.
03- El-vavour.
04- Tadukli.
05- Uggadegh akerwin.
06- Ezserigh ashu.
07- Lebghi-iw d erray-iw.
08- Mrehba s lehbab.
1986 18. Les deux compères
01- Les deux compères.
02- Yir argaz.
03- A mes frères.
04- Aghrib.
05- Ameck akka.
06- Utlif.
07- Uh ay ihbiben-iw.
08- Ul-iw ghezmit.

19. Tamurt-iw (Erras tili)
01- Erras tili.
02- Eddunit iw.
03- A âskri (d'après Boris Vian).
04- Ezzeyyar.
05- Imdanen.
06- E tamuret iw.
1987 20. Tissirt n-enndama (Lewassayeth)
01- Thenssa tafat.
02- Udem n El-Dzayer.
03- Sehsebe.
04- Taddart.
05- Instrumental (Thenssa tafat).
06- Tissirt n enndama.
07- Dayen idhouv erruh.
1988 21. El-mmut
01- Idrimen.
02- Tidett yeffren (hommage à Slimane).
03- I gurru n el-kif.
04- Lmmut.
05- I heddaden bb awal.
06- Ay arach

22. Rwah rwah
01- Serhas ay adu.
02- Aghrib.
03- Avrid y reglen.
04- Rwah rwah.
05- A tilli l'hadja rkhissen (hommage a schix Aarab Bouyezgaren).
06- Arrash n temanyin.
07- S kra b-wi helken.
08- Attas issyenan.
1989 23. L'ironie du sort
01- Asirem (L'espoir)
02- Idurar ay d lƒemr-iw (Le Djurdjura : ma vie
03- Yir lehlak (Elle s'arrache: la liberte)
04- Imcebbwlen (La dechirure)
05- Ayen iraden (L'ironie du sort)
06- Tarewla (Le repentir)
07- A win ir'uh'en (Amertume et regrets)
08- Wissen (La disillusion)
09- Tiyita (La gifle)
1991 24. Regard sur l'histoire d'un pays damné vol.I
01. Regard sur l'histoire d'un pays damné
02. Regard sur l'histoire d'un pays damné (suite)
25. Izriw yeghlav lahmali vol.II
03. Izzri-iw yeghlav lahmali
04. Ahlil ahlil
05. Uzu n tasa,
06. Avehri n lhif
07. Imesfray
08. Tuzma t-temgher
1993 26.27. Communion avec la patrie (2 vol) (en duo avec Nouara)
26. El-mahna Vol.I (en duo avec Nouara)
01- A yemma yemma.
02- Tuzzma.
03- Si eddaw uzsekka.
04- Imsefregh.
05- Sadia.
06- El-mehna.
27. Hymne à Boudiaf Vol.II (en duo avec Nouara)
07- Hymne à Boudiaf.
08- Ha yemma amek ae' dee am ete dtera.
09- I msehaf.
10- Communion avec la patrie (amazigh)
1994 28. Kenza
01- Em' i mzeren.
04- A yemma yemma.
02- Ettugh.
09- Kenza.
05- Ruh ruh.
03- Tamara.
08- Tanumi.
07- Tatutt.
06- Tighri u gujil.
1996 29.30. Tighri g-gemma (2vol)
29. Assirem Vol.I
01- Asirem (l'espoir)
02- Ta meddit bb-ass (La fin du jour)
03- Avrid n-t-dukli (L'horizon prospere)
04- Asmekti tt tuzma (Remords et regrets)
05- Yir attan (La fatalite)
06- El-ghella n trad (Le butin de guerre)
07- La soeur musulmane
30. Tighri g-gemma Vol.II
08- Ta âkwemt n tegrawla (Epreuves de revolution)
08- Imettawen-iw (Mes larmes)
10- Tighri gg-emma (La complainte de ma mere)
11- Tuzma (L'effroi)
12- Lhif n nnger (La desherence)
12- Lmut bbu ugrawliw (Le revolutionnaire)
13- Tighri nn taggalt (LA revolte de la veuve)
1997 31.32. Au nom de tous les miens (2vol)
31. Semehthiyi vol.I
01- Semehthiyi (Mes amis... désolé)
02- Ayikhfiw (Oh mon ame, que faire)
03- Ruh a vava ruh (Pere, repose en paix)
04- Ayahviviw (L'ami fidele)
05- Imcumen (Les scelerats)
32. Selkane vol.II
06- Selkan iderz (Bruits de pas)
07- Efegh ayajrad (Invasion)
08- Ayatyetran (Les galonnes)
09- Equrent Etregwa (Les yeux taris)
10- Ayizri Yesrindimen (A chaudes larmes)
11- Armi Glalzegh (Une fois trop tard...)
1998 33.34. Lettre ouverte aux... (2vol)
33. Ayen ayen Vol.I
01- Ayen ayen (Pourquoi)
02- A tamgart (Pauvre vieille)
03- Iniyid kan (Dis moi)
04- Nezga nesutur (souvent on implore)
05- Tavrats i l'hekam (Lettre ouverte)
34. Iluhqed zhir Vol.II
06- Ur shisif ara (Ne te morfonds pas)
07- I luhqed zhir (Moment crucial)
08- A l'hif edu (Soufrance)
09- Yedhwayam (T'as raison)
10- Vedeg ditizi (A la croise des chemins)
11- Sers Imanik (Respecte-toi)

Lounes Matoub : Enfant du peuple

15/10/2006 04:11 par kabylie

  • Lounes Matoub : Enfant du peuple

    Lounes Matoub : Enfant du peuple

    15/10/2006 04:11 par kabylie

Entretien avec Lounès MATOUB
http://www.berberes.com/webpages/Entretien_avec_Lounes_Matoub.html

Lounès MATOUB est né le 24 janvier 1956 en Kabylie. A 9 ans, il fabriqua sa première guitare avec un bidon vide. Il publie son premier album en 1978. Criblé de balles par un gendarme en 1988, enlevé par les islamistes en 1994 et libéré par un gigantesque mouvement populaire, il était le chanteur le plus populaire de Kabylie. Il a été assassiné le le 25 juin 1998, en Algérie, dans dans des conditions non élucidées, vraisemblablement par des milieux proches du pouvoir.
Son œuvre riche de 36 albums traite les thèmes les plus variés : la revendication berbère, les libertés démocratiques, l'intégrisme, l'amour, l'exil, la mémoire, l'histoire, la paix, les droits de l'Homme, les problèmes de l'existence ...

Enfant du peuple je suis, enfant du peuple je resterai. Certes, comme tout un chacun, j'ai mûri, et la popularité m'a sans doute fait prendre davantage conscience de mes responsabilités. Car, plus vous étés connus, plus vous avez des responsabilités.
Je me dois d'être fidèle à moi-même. C'est que, profondément, mon personnage est resté le même. J'essaie d'être un homme honnête, peu apte aux compromissions. Je veux aller jusqu'au bout de moi-même, sans tricherie, sans concessions. Je sais encore dire non. Alors qu'il y a tant de béni-oui-oui, qui à force de dire oui, ont perdu leur "non".
Je ne veux pas flouer mes admirateurs en leur promettant des lendemains qui chantent, en sachant pertinemment que le monde meilleur dont on annonçait tranquillement la venue s'éloigne de plus en plus. Gagner par une telle voie ne m'intéresse pas. Je risque de me perdre ou, pis encore, de couler dans la facilité. Je veux rester tel que je suis, sans verser dans la moindre concession commerciale. Et pourtant, actuellement, l'artistique est bien souvent obligé de se plier au veto du commercial. Poète d'indiscipline, insurgé, je n'ai jamais mis un poil de brosse dans mes poèmes et chansons. Jamais. Les mots caisse d'épargne et les mots -Email Diamant sont bannis de mon répertoire. Je suis sans cesse en lutte contre ce qui me paraît mauvais et détestable. Je me sers de l'amour pour fustiger ce que le monde des hommes a de laid et d'odieux. Pour me révolter contre la veulerie et la duperie, dénoncer l'imposture aux mille visages.
Ma poésie est à tout instant une remise en cause, un prétexte à protestation contre les injustices, les abus, les tabous, etc.

Enfant du peuple je suis, enfant du peuple je resterai. Certes, comme tout un chacun, j'ai mûri, et la popularité m'a sans doute fait prendre davantage conscience de mes responsabilités. Car, plus vous étés connus, plus vous avez des responsabilités.Je me dois d'être fidèle à moi-même. C'est que, profondément, mon personnage est resté le même. J'essaie d'être un homme honnête, peu apte aux compromissions. Je veux aller jusqu'au bout de moi-même, sans tricherie, sans concessions. Je sais encore dire non. Alors qu'il y a tant de béni-oui-oui, qui à force de dire oui, ont perdu leur "non".Je ne veux pas flouer mes admirateurs en leur promettant des lendemains qui chantent, en sachant pertinemment que le monde meilleur dont on annonçait tranquillement la venue s'éloigne de plus en plus. Gagner par une telle voie ne m'intéresse pas. Je risque de me perdre ou, pis encore, de couler dans la facilité. Je veux rester tel que je suis, sans verser dans la moindre concession commerciale. Et pourtant, actuellement, l'artistique est bien souvent obligé de se plier au veto du commercial. Poète d'indiscipline, insurgé, je n'ai jamais mis un poil de brosse dans mes poèmes et chansons. Jamais. Les mots caisse d'épargne et les mots -Email Diamant sont bannis de mon répertoire. Je suis sans cesse en lutte contre ce qui me paraît mauvais et détestable. Je me sers de l'amour pour fustiger ce que le monde des hommes a de laid et d'odieux. Pour me révolter contre la veulerie et la duperie, dénoncer l'imposture aux mille visages.Ma poésie est à tout instant une remise en cause, un prétexte à protestation contre les injustices, les abus, les tabous, etc.

"Tu dois avoir pas mal d'ennemis ?"

Mes ennemis sont les tyrans, les oppresseurs quels qu'ils soient, les lâches, les veules, les hypocrites, et surtout les "parachutés" (.. Je n'aime pas les nouveaux riches plus attachés à leurs biens, à leurs privilèges, qu'à leur pays. Le soleil se lève tous les jours pour chaque citoyen(ne). Heureusement qu'il n'est pas importé à coups de devises, sinon il ne brillerait que pour une classe donnée.

"Quels sont tes rapports avec les journalistes algériens ?"

Ambigus. Mi-figue mi-raisin. Si on ne m'accorde pas beaucoup d'entretiens, c'est parce que je refuse toute concession dans l'_expression de mes opinions. On n'a rien à me reprocher. Sinon d'avoir un franc -parler. Et de ne pas être un béni oui - oui. Je ne suis pas l'homme des concessions. Je ne triche pas avec ma nature. Je m'affirme sans gêne aucune, en parfait dédain des convenances. J'aurais pu me pousser dans le monde et monnayer ma popularité, voire ma célébrité. Je ne l'ai jamais fait. Car je ne suis d'aucun pouvoir le dévoué serviteur. A travers RadioTrottoir interposé, certains journalistes (arabophones surtout) ont essayé de me présenter sous un éclairage peu flatteur, de me coller une réputation de raciste, de violent, d'ennemi public n°1, de voyou sans foi ni loi.
Ils ont fait de moi le familier des prostituées et des truands. Ils ont inventé, pour me salir, des légendes scabreuses.
Dans les rédactions algériennes, on me discute longuement. J'étonne et j'inquiète.
Certains journalistes (critiques de variétés) ont de quoi me rendre circonspect. Pour des raisons qu'on devinera aisément, je me méfie de certains d'entre eux.
Plusieurs rédacteurs en chef ou directeurs de rédaction coupent cyniquement, dans des articles, tout ce qui se rapporte (de positif) à moi. A part quelques articles élogieux (parus après octobre 88, il faut le souligner), les journalistes algériens de la culturelle m'ont ostensiblement, pour une raison de censure ou autres, dédaigné, et tout cela à cause de mes audaces de vocabulaire, la franchise et la précision des images, le caractère même des réponses et des sujets traités. Ignorant les interdictions, dédaignant les menaces, j'ai continué de composer et de chanter, quand même, envers et contre tous. C'est par la suite que j'ai appris que tout honneur est source de contraintes.

"Que signifie pour toi le fait de chanter en tamazight ?"

En tant que chanteur, je suis le représentant d'une vision et d'une _expression personnelle du monde qui m'entoure et de moi-même. Je ne veux pas mourir pour un héritage que je n'aurais pas assumé.
Je revendique le fait d'être chez moi dans ma tête et dans mes mots et de vivre comme je le sens.
C'est la raison pour laquelle j'utilise la langue amazighe pour brasser des émotions qui n'appartiennent qu'à nous parce que voir le monde à travers des yeux arabes du fond d'une âme berbère entraîne la mort. Et mon problème est que depuis l'indépendance, nous avons été honnis, bannis, écrasés, spoliés, chassés, traqués, arabisés de force au nom d'une idéologie arabo-islamiste qui est devenue officielle au lendemain de l'indépendance.
Cela dit, pour moi le public auquel je m'adresse possède un inconscient collectif qu'il s'agit de réveiller. Je veux lui faire retrouver une identité qu'il pensait avoir perdue. La langue que parle mon peuple, perfectionnée et enrichie par des siècles d'oppression coloniale et raciste, offre sur l'Algérie un angle de vision unique.

"Que représente pour toi la culture amazighe ?"

Qui ne sait rien de son passé ne sait rien de son avenir. Le but n'est pas, ne peut être, de revenir à un mythique age d'or du passé. La culture amazighe, c'est une question de civilisation et l'avenir de notre pays se jouera peut-être dessus. A travers la prise de conscience de mon identité, j'ai découvert le génocide culturel et le viol linguistique subis par les miens. J'ai, aussi découvert toute une culture méprisée, humiliée, déclassée, exclue des deux écrans (le grand et le petit), interdite de colonne et de séjour.
Un sujet dont on ne parlait qu'à mi-voix. On est dans une situation pire que celle des Bretons, des Occitans, des Corses, des Kurdes, des Arméniens et des Indiens.
Impossible que soient toujours vainqueurs les plus corrompus et les plus honnis par l'histoire ! Et c'est pourquoi nous refusons d'être les nègres blancs, les indiens, le tiers-monde du pouvoir. Nous refusons d'être bougnoulisés, quoi ! Il reste fort à faire pour préserver ce pays paisible et lui épargner les fléaux de la violence et de l'intolérance.
Tout est encore possible, il faut seulement prendre des risques avec sa vie pour préparer des lendemains meilleurs. Je me défends donc je suis. On veut tout leur faire oublier, aux imazighen : Leur identité, leur langue, leur culture.
Ils se trouvent rangés dans une catégorie mineure de citoyens ; pire, ils n'existent pas en tant que tels, hormis pour le service national et comme force de travail.
Et quand ce n'est pas un gros bonnet de la nomenklatura locale ou un officier supérieur de l'ex Sécurité militaire qui leur cherche midi à quatorze heures alors qu'il est dix heures, c'est un wali qui grignote leurs terres ancestrales à coups d'édits et de décrets d'utilité publique et sans indemnisation ou si peu, tellement peu que les indemnisés n'en veulent pas.
A ces représentants du pouvoir, je dénie le droit de débarquer en Kabylie en conquérants. Je rejette leur tutelle. Ce peuple à qui l'on a volé l'âme refuse d'être un peuple rampant.
Il refuse aussi de perpétuer l'état colonial dans lequel les pouvoirs en place ont voulu tenir les deux Kabylie qui n'ont d'intérêt pour eux que lorsque nos frontières sont menacées. Ils ne nous auront pas. Tu peux leur dire qu'il ne faudra plus compter sur la jeunesse Amazighe pour aller au casse-pipe.

"Est-il vrai que MATOUB est raciste envers les Arabes ?"

Fais-moi pas rire. C'est un jugement volontairement faux et un brin raciste, mais qui trahit bien le malentendu qui a toujours existé entre mes détracteurs et moi. Il y a une incompréhension totale qui me gêne car le public a rarement les données globales et objectives en main. Tout est politique et nous sommes bien ici en pleine politique. Je suis responsable de mes actes et la vérité se fait sur ce que je chante. Comment peut-on être raciste quand on a toute sa vie souffert du racisme ! J'ai trop souffert du racisme, de leur racisme, pour accepter à mon tour d'être raciste.

"Quelle est ta véritable culture ?"

Ma seule véritable culture est celle que je me suis trouvée en Kabylie puisqu'on sait que "l'oiseau ne chante bien que dans son arbre généalogique". La vie de mon peuple contient la somme de l'expérience des hommes. D'où le rapport charnel que j'ai avec ma terre natale, mes racines. La culture amazighe est, pour chaque Imazighen, la pierre de touche de son identité.
C'est pourquoi je recrée chaque fois que je chante mon peuple. Je dépoussière ses histoires, ses contes, j'enrichis ses chants, préserve sa langue et ses valeurs, parce que tout cela m'a façonné et que si ce n'est pas moi qui le fais, qui le fera ?
Tout enfant, j'avais fait cette pénible découverte : je n'avais pas le droit de parler ma langue et de connaître ma culture. Alors que nous étions censés être libres et indépendants.
La langue maternelle, ça aide à se penser debout. Mon pays, c'est l'ALGERIE. Mais je suis le citoyen d'une autre patrie : LA CHANSON.
Quant à la langue amazighe, c'est ma langue maternelle, la langue du foetus, la langue intérieure J'ai la double nationalité car j'ai deux pays : mon pays et mon pays intérieur.
C'est dans la différence que je trouve mon identité.

 

 

Malika MATOUB.

source : revoltes.free.fr

L’Algérie dans la chanson de Matoub Lounès

15/10/2006 02:59 par kabylie

  • L’Algérie dans la chanson de Matoub Lounès

    L’Algérie dans la chanson de Matoub Lounès

    15/10/2006 02:59 par kabylie

 

L’Algérie dans la chanson de Matoub Lounès
La Dépêche de Kabylie 05/07/2006
Matoub, une personnalité complexe, un texte puissant, profond, troublant, porté par une voix plus proche du tonnerre que du murmure des petites âmes.

 

Il était une fois un chanteur rebelle. Un chanteur qui n’hésitait pas à dire tout haut ce que tout le monde pensait tout bas. Un chanteur-combattant, un chanteur-hurlement, un chanteur-vérité qui bousculait et bouscule encore avec force et brutalité les certitudes les plus ancrées, les convictions les plus solides, les visions les plus répandues.

Il était une fois, Matoub Lounès.

Matoub, une personnalité complexe, un texte puissant, profond, troublant, porté par une voix plus proche du tonnerre que du murmure des petites âmes.

Matoub, un baroudeur du verbe, de la parole, qui a poussé ses adversaires à leurs limites, jusqu'à user de leurs barouds assassins pour le réduire au silence.

A l’occasion du 8e anniversaire de son assassinat le 25 juin 1998, et à l’approche du 5 Juillet, date de l’Indépendance et de l’émergence de l’Algérie comme nation et Etat souverain, l’idée de porter une fugace attention sur la place de l’Algérie dans la chanson du Rebelle m’a effleuré l’esprit. Seulement, devant l’ampleur de l’entreprise qui réclame beaucoup de temps et de moyens, tant l’Algérie a traversé en profondeur la production de Matoub, je m’arrêterai à quelques extraits de son riche répertoire.

Ce 24 juin 2006, Radio Berbère a réservé un temps pour la chanson de Lounès. Debout, je savourais cette poésie et cette musique que seul Matoub avait le génie de composer et d’interpréter. Cette fois, l’écoute du dernier vers d’un morceau de sa chanson Aghuru m’a particulièrement interpellé. J’étais grandement ému par la subtilité du poète. En effet, même dans sa révolte, même quand il verse carrément dans la subversion et la provocation, il a ce génie de prémunir l’essentiel et de ne pas faire de l’accessoire son centre d’intérêt. L’essentiel c’est l’Algérie, et il fait d’elle la première et la seule bénéficiaire de sa révolte :

 

Ma dwa-s a-ncerreg tamurt,

A-nekker s tura,

Ahat akken, a yatma, a-tt-naqel “lezzayer”

Seg ghuru,

Ces vers qui expriment un fort dépit, une singulière impatience de voir la situation évoluer et les choses changer pour le meilleur, nous renvoient l’image d’un homme d’action, un homme qui ne veut plus temporiser, attendre indéfiniment, mais qui désire provoquer les événements et les influer.

«S’il faut déchirer le pays pour faire avancer les choses et permettre à l’Algérie de se débarrasser de l’ «illusion», synonyme du mensonge, il faut y aller», chantait Lounès.

«A-ncerreg = déchirer», dans cette chanson qui a tant fait de bruits, n’est pas «bettu = diviser», comme le laissent entendre certains, mais c’est plutôt bouleverser, secouer, renverser, ébranler. Incontestablement, si le sens voulu dans ce vers était celui de diviser, nous n’aurions pas l’Algérie comme une entité à laquelle la révolte permettra de rompre avec le mensonge dans les vers qui suivaient, mais une autre entité qui émanera de la division de celle-ci.

Celui qui a chanté : “A mes frères, à l’Algérie entière, des montagnes du Djurdjura jusqu’au fin fond du désert…”, ne pouvait pas prêcher autre chose que le combat pour permettre un avenir meilleur à cette Algérie chérie.

 

Yiwen yezdegh sraya

Wayedh ddaw n tmedlin yerka

F lzayyer aazizen.

Chantait Lounès en hommage aux prisonniers politiques arrêtés en 1985 pour leurs actions en faveur des droits de l’Homme.

D’ailleurs, dans le dernier couplet de la chanson Aghuru, Matoub revient à la charge, en mettant en avant l’honnêteté, le savoir et la raison, comme moyens privilégiés de dépassement de la crise nationale :

 

S tezdeg d ssfa n leâqel

S a-nnezwi Lzzayer

Seg ghuru.

Ici, l’Algérie est présentée comme un tissu qu’il faut agiter afin de le dépoussiérer, de le débarrasser de ce qui le salit. Dans cette chanson, controversée et polémique dans son support musical, Matoub dissocie nettement l’Algérie en tant qu’Etat et patrie, de son pouvoir, de ses gouvernants, de ses dirigeants qu’il critiquait sans aucune modération.

Dans leur système de défense, ceux-ci confondaient à dessein le pays avec leurs êtres, pour n’en faire qu’un. Considéré sous cet angle, toute remise en cause de leur emprise sur le pays était synonyme d’atteinte à la sécurité de l’Etat.

C’est dans le cadre de ce schéma élaboré afin de sécuriser les tenants du pouvoir qu’il faudra analyser et comprendre les tentatives de fabriquer à Matoub l’image d’un séparatiste et d’un antinational.

En effet, par leur entêtement à bafouer les droits les plus élémentaires comme celui du droit à l’usage officiel de sa langue et à la reconnaissance de sa personnalité, entêtement qui se matérialisait par des situations de pourrissement politique, les gouvernants acculaient les défenseurs des libertés à un radicalisme fatal et sans lendemain. Matoub, à l’avant-garde du combat identitaire, avait le génie d’échapper à chaque fois à ce conditionnement et à placer son engagement dans celui de la lutte globale pour le redressement de l’Algérie.

Matoub aimait l’Algérie, il l’aimait à sa façon, telle qu’il la souhaitait, telle qu’il la concevait, et non pas telle que les pouvoirs successifs l’ont façonnée, froide, glaciale, insensible aux amours et aux souffrances de ses enfants.

Sans cette Algérie, avec ses tourments et ses difficultés plurielles et multidimensionnelles, Lounès n’aurait jamais été Lounès que toute la jeunesse admire pour sa bravoure et son audace. Sans cette Algérie qui traverse des moments cruciaux de son histoire, Matoub aurait été un homme ordinaire, comme l’aurait été Si Mohend U Mhend sans le soulèvement de 1871, dirigé par Cheikh Aheddad et lhadj Lmokrani.

Pour Matoub, la responsabilité de la situation que vit le pays, des malheurs qui le secouent, qui l’installent dans une sorte de défaite permanente, incombe aux hommes et non pas à l’Algérie. D’ailleurs, il le dit fort bien :

 

Lezzayer telha,

Ur tt-ixus wara,

i-tt-ixusen d irgazen…

Ces hommes qui font défaut à ce beau pays, qui ne s’affirment pas pour relever le défi de son développement, ce sont ceux-là mêmes qui le dépouillent, le froissent, le dévalorisent avec des conduites et des actions qui ne lui font pas honneur.

Les autres, ceux qui l’avaient arraché aux griffes du colonialisme, comme Abane, Krim, Ben Mhidi, l’Algérie ne leur a pas fait bonne place sur ses «plaquettes». Le Rebelle dénonçait la mésestime affichée à l’égard des symboles de la Révolution. C’est dans une chanson qui retrace l’histoire ancienne et actuelle du pays, que Lounès reproche à l’Algérie son incapacité à se redresser :

A Lzzayer hader ad tt-segmedh

Ad tekkedh nnig n tmura,

Dans ce texte, l’Algérie est considérée dans son ensemble, confondue à un être qui peine à s’en sortir. C’est avec un reproche mêlé de dégoût que Matoub s’adressait à cette Algérie qui se complaisait dans l’indigence.

Comme tout grand patriote, il était révolté par cet état de fait. D’ailleurs, la situation de l’Algérie le rendait malade, comme il le chantait dans sa dernière cassette.

L’Algérie, c’était son point de départ et sa destination ultime.

Entre eux, c’était l’histoire d’un amour contrarié, d’un amour déchirant, d’un amour aussi fort et aussi fou que celui de Roméo et de sa Juliette, à cette différence fondamentale que Juliette de Lounès est toujours en vie, et elle le restera tant qu’il y aura Arraw n lehlal (*) .

(* ) Les enfants légitimes.

 

par Brahim Tazaghart

video clip : KABYLIE

15/10/2006 02:26 par kabylie

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